Mercredi 2 juillet 2008
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... OU MOURIR
Le spectacle affligeant de la vie politique dans notre pays me porte malgré moi à penser qu'un despotisme éclairé serait
préférable à ce qui prétend être une démocratie et qui en vérité n'est que fausse monnaie.
Je me rassure en estimant que ce n'est là qu'une boutade, mais une boutade qui traduit bien mon désarroi et mon
affliction et qui rend bien compte d'une réalité évidente pour tout un chacun mais que, par un consensus timoré, on se refuse à regarder en face. Il en est des mots comme de toute
chose. À trop les utiliser ils perdent inéluctablement de leur substance.
Non! Cent fois non !!! La démocratie dans notre pays -comme dans d'autres d'ailleurs- n'existe pas. Et pour être clair je
reprendrai à mon compte sans hésiter un instant un slogan que l'on s'accorde à considérer sur le mode plaisant parce que, pour bousculer nos confortables certitudes acquises, il
fait d'autant plus peur qu'il est secrètement reconnu pertinent par nombre de nos concitoyens: "Election piège à cons".
A l'échelle nationale, ce qu'on appelle aujourd'hui démocratie n'est en fait qu'une délégation de pouvoirs à des professionnels de la
politique par une majorité de "citoyens lambda" souvent mal informés ou trompés, qui font aveuglément confiance, conscients qu'ils sont -souvent à tort- de leur relative
incompétence en matière de politique.
Ce que connaît fort bien cette majorité qui délègue ses pouvoirs, c'est la réalité quotidienne vécue de ses difficultés, de ses
besoins inassouvis, et qui devient de ce fait la proie facile de tous les démagogues, politiciens professionnels à vie comme certains "barons" régionaux pour ne citer qu'eux.
Pour un très grand nombre de "braves gens" cet abandon de soi-même entre les mains des "décideurs" est le plus
généralement consenti. Les notables ont toujours fait en sorte d'entretenir le peuple dans l'acceptation de sa prétendue ignorance ou immaturité. N'en est-il pas ainsi des esclaves ou des
femmes soumises qui finissent par considérer leur condition comme naturelle, "allant de soi", "dans l'ordre des choses"? De même que l'Eglise d'autrefois entretenait les fidèles dans la
sanctification de la pauvreté pour mieux justifier la richesse insolente des seigneurs.
Cette démocratie ainsi conçue n'a de sens et n'est viable qu'au niveau des toute petites communes où pour choisir son maire il est le
plus souvent moins question de choix électoral que de consensus sur la qualité de la personne que l'on veut avoir pour maire. C'est aussi la démocratie représentée depuis des temps immémoriaux
par les "djemaa" les Assemblées de village des montagnes de Kabylie.
L'exemple démocratique est là. et son modèle, j'en suis sur, peut et doit nous inspirer ici.
J'ai voté pour Ségolène Royal parce que notamment j'ai été séduit par son idée de "démocratie participative" et de
"comités citoyens". Au cours de mon activité professionnelle dans le Brésil de la dictature, j'ai vu à l'oeuvre les "Commissions de quartier" et les "Communautés ecclésiales de base" de
l'Eglise progressiste adepte de la "Théologie de la Libération".
Ce n'est pas un hasard si les "éléphants" du PS ont fait leurs choux gras de cette idée qui dérangeait leur confortable situation
pour tenter de discréditer celle qu'une majorité de militants avides de changement avaient choisie pour candidate.
Vous voulez sans doute que s'instaure en France une "Djamahiriya" libyenne? me dira-t-on! Et bien je répondrai d'abord que Ségolène
n'a certainement pas une vocation de dictateur comme le fantasque colonel, dévoyé par son obsession révolutionnaire et frustré de ne pas avoir pu succéder à Gamal Abdel Nasser, son
héros.
Mais ensuite, rien que pour déranger (j'adore ça, comme j'aime chatouiller les adeptes de l'idée reçue), je dirai que tout
n'est pas mauvais chez Kadhafi.
Son invention des "Comités populaires" procède d'une idée authentiquement démocratique qui aurait pu faire de la Libye un exemple si
son "guide" n'avait pas étouffer le tout sous son pouvoir personnel. Le rétablissement de la femme libyenne dans sa condition de citoyenne de plein droit et sa dignité est un autre fait à son
actif ainsi que son rejet de toute la somme des écrits post-coraniques générateurs de l'intégrisme islamique pour leur substituer l'interprétation personnelle (ijtihad) du texte en fonction du
temps présent . Notez que ce dernier point lui a valu de sérieux démêlés avec les oulémas rétrogrades obscurantistes.
Ne voyez dans tout ce que je viens d'écrire qu'une modeste invitation à une réflexion libre de tout préjugé . Il est une chose qui
parait à beaucoup évidente c'est que dans son état actuel le PS est disqualifié, discrédité, n'inspire plus la moindre confiance et, déjà de multiples fois échaudés, les gens de gauche
s'attendent à voir sortir du chapeau de son prochain congrès une nouvelle "synthèse" stérile.
Le facteur de Neuilly sera sans doute pour beaucoup d'entre les déçus du PS un unique recours, mais un recours désespéré et par
là même suicidaire.
Cliquer: L'EXTRÊME-GAUCHE: OUI MAIS POUR QUOI FAIRE?
Par Yaqzan
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Publié dans : Politique
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