Vendredi 12 septembre 2008
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Halte aux va-t-en-guerre
En décidant personnellement, sans consultation préalable et unilatéralement d'envoyer des troupes au combat en Afghanistan hors du cadre initialement défini
au plan international, l'apprenti sorcier de l'Elysée a outrepassé les limites de ses attributions et, dans l'ignorance feinte ou réelle des leçons de l'histoire, a commis une double faute
militaire et politique, mettant en outre inutilement en danger la vie de jeunes concitoyens.
Photo-montage
L'envoi de troupes en Afghanistan pour des missions de combat et non plus seulement pour assurer la sécurité du pouvoir en place et former l'armée afghane est selon lui un devoir national
visant à protéger les français de la menace terroriste que représentent les talibans... Et ses amis et obligés serviles de reprendre en choeur se refrain en rivalisant d'ignorance et
d'incompétence -à moins que ce ne soit qu'hypocrisie- sur les plateaux de télévision.
Or, toute personne d'expérience, sensée et instruite des leçons encore récentes de l'histoire ne peut un seul instant penser que la solution en Afghanistan sera militaire. On pourra multiplier
par deux, trois ou dix le nombre des soldats sur le terrain afghan ce sera peine et vies humaines perdues. Dans ce genre de guerre, les déploiements de forces sont désastreux et inutiles. Quelles
que soient les pertes qui pourront être infligées aux talibans*, ceux-ci ne seront jamais vaincus.
Charles de Gaulle en son temps l'avait bien vu, lui, qui était un vrai chef d'état réaliste autant que visionnaire, lorsqu'en Algérie, alors que l'armée française était maîtresse du terrain
il imposa , envers et contre beaucoup d'aveugles politiques, mais avec l'approbation massive du peuple français , une solution pacifique passant par la négociation avec l'adversaire.
Les Talibans sont dans leur quasi-totalité membres de l'ethnie pachtoune, majoritaire en Afghanistan. Ils ont à ce titre le droit légitime de revendiquer une part du pouvoir au côté des
tadjiks (autre ethnie importante du pays) à Kaboul. De bon ou mauvais gré, il faudra un jour négocier avec eux et le plus tôt sera le mieux.
Certains m'opposeront que ce sont des terroristes islamistes. En réalité ce ne sont pas tous des "fous d'Allah". Il y a parmi eux , et peut-être plus nombreux qu'on l'imagine, de purs
nationalistes. Or les pachtounes , on le sait, se sont fait au cours de l'histoire une solide réputation de résistance farouche à toute velléité de tutelle étrangère.
Le mouvement des talibans est il est vrai gangrené par des extrémistes islamistes de la mouvance de Ben Laden (al-Qaeeda) parmi lesquels on compte beaucoup d'étrangers, arabes, pakistanais
ou autres encore. L'Aghanistan n'est pour eux qu'un terrain de manoeuvres vers un projet plus grand. Plus le temps passe, plus cette cette gangrène s'étend. Il faudra absolument que les
talibans fassent le ménage chez eux et la perspective d'une solution politique, si elle leur était offerte, pourrait sans doute les y aider.
Gardons-nous donc d'un trop grand optimisme sur ce point; du moins pour le court terme. Et en tout état de cause, tirons aujourd'hui les leçons de l'histoire comme de Gaulle l'a si bien démontré
concernant l'Algérie.
Les interventions militaires en terre étrangère (hors état de guerre déclarée) sont désastreuses ou inopérantes et finissent toujours par être considérées comme des intrusions illégitimes
par les populations. On le voit en Irak, en Somalie et aujourd'hui en Afghanistan.
* Taliban, en farsi signifie étudiants en théologie islamique. C'est le pluriel de talib mot emprunté à l'Arabe
Par Yaqzan
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Publié dans : Politique
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