Vendredi 29 mai 2009
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L'identité française en question
On rapporte que Sarkozy aurait confié naguère à quelques uns de ses amis d'outre-Atlantique qu'il avait la ferme intention de transformer la Société française de
façon que tout Américain venant en France ne s'y sente plus dépaysé.
Autrement dit, il révélait ainsi son projet de faire de notre pays un prolongement des Etats-Unis d'Amérique. Or l'Amérique telle qu'il la conçoit n'est pas celle
de George Washington mais de George W. Bush, son ami intime de bien triste mémoire, à savoir une société dans laquelle l'argent est roi, une société de la réussite individuelle à tout prix y
compris au mépris d'autrui, celle du "self made man" et de "Dallas son univers impitoyable". "Money, money, money makes the world go
round".
"Hey little french shit kicker ! I gonna get rid
of your fucking french model of civilization.
No more "Camembert". Just peanut butter ! "
C'est à ce projet que s'est attelé Sarkozy remettant en question notre modèle de société fondé sur la solidarité, l'égalité de tous dans le droit de chacun, quelle
que soit son origine sociale, d'avoir accès à l'acquisition des compétences nécessaires à son épanouissement dans l'activité de son choix, une société de juste redistribution des
richesses.
Tous les moyens sont bons pour Sarkozy dans la mise en oeuvre de son dessein et c'est ce que dénonce François Bayrou dans son ouvrage intitulé "Abus de Pouvoir".
J'ai moi-même relevé dans des articles précédents ( SARKOZY-OTAN: MÉPRIS DES FRANÇAIS ) ( Pardon! Vous avez dit pardon? ) que le locataire actuel de l'Elysée avait pris des décisions (notamment en politique étrangère) pour
lesquelles il n'était aucunement mandaté. Bayrou le fait mieux que moi et parle même de "forfaiture" en évoquant les propos de Sarokzy, qui, en sa qualité de président, se permet de dire
que la réussite se mesure à l'aune de la richesse.
J'estime que le titre du livre de François Bayrou est bien modéré eu égard à la gravité des faits; mais peut-être l'a-t-il choisi sciemment pour émousser quelque
peu la pointe de son sabre tout en en affûtant le tranchant pour s'en servir plus tard. En fait, prendre des décisions pour lesquelles on n'est pas mandaté, ce n'est pas un abus du pouvoir mais
plutôt l'exercice illégitime du pouvoir. Ne serait-ce pas là un motif suffisant de destitution? Bayrou ne s'aventure pas sur ce terrain.
Liberté, Egalité, Fraternité ces trois mots sont indissociables dans la devise de la France républicaine. Je n'ai pour ma part jamais entendu Sarkozy prononcer le
mot Fraternité. Quant à l'Egalité, il prétend, comme le relève Bayrou, qu'elle nuit à la Liberté. Mais dans l'esprit de Sarkozy, il ne s'agit pas de la liberté avec un "L" majuscule, mais de la
liberté de s'enrichir dans la mise en pratique des théories néo-libérales. A ce propos, le Béarnais cite Alain Minc, "maître à penser" (si on peut appeler cela penser) de Sarkozy, selon qui
il convient de "trouver le niveau d'inégalités nécessaires pour assurer le dynamisme de l'économie". Jusqu'où peut-on pousser le cynisme!
Evidemment, les chômeurs, les sans-abri, les citoyens toujours plus nombreux vivant sous le seuil de pauvreté, tous ceux-là font désordre dans le paysage. Ce sont
vraiment des empêcheurs de jouir en rond de la richesse, doit-on penser dans le cercle des amis de M. Minc. Je me prends même à imaginer que d'aucuns parmi eux rêvent secrètement d'une
super-canicule qui les débarrasserait de ces autres enquiquineurs que sont nos chers petits vieux qui, selon leur logique du profit, ne servent plus à rien et coûtent cher à la
société.
Pour dissiper tout malentendu, je précise que je ne suis pas du bord politique de M. Bayrou, pour lequel j'ai néanmoins beaucoup d'estime. Comme l'a remarqué mon
tailleur, j'ai toujours porté à gauche. C'est congénital.
Par Yaqzan
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Publié dans : Politique
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