Humeurs

Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 21:41

 

Ou d'une indignation d'origine pavlovienne incontrôlée

Mon patron ne s'appelle pas Panurge. D'ailleurs je n'ai pas de patron. J'ai un guide  qui se nomme raisonnement libre et indépendant. Je n'aime pas les partis parce que je n'aime ni les parti pris ni l'embrigadement. Je n'aime pas non plus les associations et mouvements divers qui prétendent lutter contre ceci ou cela. Ils finissent tous par tomber dans le dogmatisme et les certitudes.  Celles-ci par nature interdisent le questionnement et le débat d'idées pour conduire finalement à un intégrisme idéologique qui n'a rien à envier à son cousin  religieux. À l'opposé je cultive le doute, source de la quête sereine bien que douloureuse d'une vérité insaisissable mais dont l'approche fait ouvrir les yeux sur la complexité des réalités.

C'est pourquoi j'a été atterré par le charivari que les déclarations de Marine Le Pen ont provoqué et dont politiciens, journalistes et autres responsables associatifs n'ont retenu qu'un substantif auquel il ont accolé un adjectif arbitrairement considéré comme sous-jacent. Pourtant, le constat qu'elle a fait de l'état de notre société méritait qu'on s'y attarde soit pour le critiquer soit pour admettre qu'il est juste sans pour autant être d'accord sur les moyens à mettre en oeuvre pour y remédier. Non;   à la place de cela on a sorti des banderoles, lancé des slogans par nature réducteurs qui n'ont d'autre effet que d'éloigner la prise de conscience des réalités et cela pour la seule raison que ces réalités ont été exposées par quelqu'un de "pas fréquentable". Cela pourrait fort bien avoir l'effet inverse de celui souhaité.

Anticonformiste et réfractaire à toute forme d'autorité j'ai dans ma jeunesse été tenté par le mouvement anarchiste mais j'ai gardé le large puisqu'il s'agissait d'un système organisé. Cependant, J'ai toujours voté à gauche, parti communiste (que j'ai quitté après Budapest), puis socialiste mais aussi pour de Gaulle dont je me rappelle avoir défendu la politique étrangère devant une réunion publique du PC. Aujourd'hui j'ai décidé que je ne voterai pas. Je serais tenté pourtant de voter pour Ségolène ou Arnaud Montebourg,  mais à condition qu'ils s'affranchissent du  PS, dont l'appareil mal-viellissant nous donne le spectacle du bal masqué des ambitions personnelles.

 On peut tout de même rêver, non?
(lien)

Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : cercle des libres penseurs
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 01:36


La sympathie autoriserait-t-elle l'indulgence?

Luc Ferry, que j'apprécie généralement pour sa qualité de débatteur courtois, m'a franchement énervé samedi 18/09 lors de son entretien hebdomadaire avec Jacques Julliard sur LCI. Qu'il manifeste sa sympathie pour Sarkozy, cela ne me gène pas mais que, partant, il tente d'excuser l'attitude du même Sarkozy dans l'affaire de l'expulsion des Roms ça m'a tout de même un peu gratté l'épiderme.  Mais passons, ce n'est pas là l'objet de mon article.

De la décontraction à la désinvolture en passant par la grossièreté

En revanche, ce qui m'a franchement déçu de la part de cet intellectuel sérieux, c'est qu'il ait déclaré apprécier le style, disons décontraté, de la posture de ce président par opposition à ce qu'il qualifie de  style "monarco-républicain" de ses prédecesseurs.  Le comble, et ce qui m'a carrément provoqué une crise d'urticaire, c'est qu'il ait prétendu que cette décontraction, que je qualifie pour ma part  de désinvolture grossière, est appréciée par les gens du peuple. S'il fréquentait de plus près ces même gens du peuple, il saurait que ceux-ci ont horreur d'être "singés", démarche qu'ils interprètent comme de la condescendance avec la part de mépris que celle-ci comporte par nature. Par principe, le président de la République est sensé représenter la France chez nous comme à l'étranger. Cela exige de la dignité dans la posture et par expérience je peux affirmer que l'immense majorité de nos concitoyens est de cet avis.

Les "Rois fainéants" avaient de la classe

Après Mitterrand, Chirac -et je le dis bien que n'ayant pas été de son bord politique- incarnait la fonction présidentielle avec la posture conforme à la conception que s'en font les citoyens. Et il n'est pas étonnant qu'il soit resté très populaire. Homme enraciné dans le terroir, cultivé et ouvert aux cultures du monde, cordial et chaleureux sans calcul, il était  l'exact contraire de son successeur. Ce dernier, l'hyperactif qu'on connaît, s'est laissé aller à le qualifier de "roi fainéant". Il est vrai que Jacques Chirac ne se prenait pas pour un chef de gouvernement. Ce n'était pas sa fonction .

 

Casse-cou !

 

Il y a assurément une chose qu'il n'a pas faite et nous  nous en sommes félicités: Il n'a pas voulu suivre G.W. Bush dans sa désastreuse aventure irakienne, et ce au grand dam de m. Sarkozy, qui s'est aussitôt empressé d'aller dénoncer "l'arrogance" française auprès de son ami le cow-boy. Cela nous autorise à affirmer que s'il avait été président à cette époque, Sarkozy nous aurait entraînés dans le sillage du Texan. Il y a là motif à réflexion. N'a-t-on pas écrit récemment que Sarkozy est un homme dangereux.

Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : Politique Directe
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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 14:12

 

 

Ou de la vacuité du tambour au fil des siècles

 

 

Il parait que nos ministres se sont donné beaucoup de mal pour arrêter le texte de la Déclaration qui, cet après-midi, sera lue aux Chambres.

Sans connaître encore la teneur exacte de ce document, je crois pouvoir affirmer cependant que rien, dans sa lecture, ne nous donnera l'impression qu'à la rédiger M. Fillon et ses collaborateurs risquèrent une méningite.

Et pourtant, ils s'y sont tous appliqués, M. Morin, M.Baroin et, j'imagine aussi, M. Hortefeux. Et l'on assure même qu'il ne fallut pas moins, pour tout mettre au point, que le coup de pouce final de M.Sarkozy.

C'est qu'une déclaration ministérielle doit être un chef-d'oeuvre, le chef-d'oeuvre de l'art de dire des choses qui ne veulent rien dire: et il faut croire que ce n'est pas toujours commode. Il m'est arrivé, jadis, de plaider second dans une affaire, d'ailleurs assez banale, de cambriolage et de complicité d'assassinat, après un fameux avocat, vieux routier des Assises, qui défendait le chef de la bande:

- "Et maintenant, Messieurs les jurés, concluait le vieux maître d'une voix vibrante, j'ai cette sécurité que vous demeurerez invulnérables à toutes les flèches spécieuses des arguments de l'accusation, impuissante à entamer le bouclier de votre conscience et le triple airain des justes lois!".

Le vieux maître se rassit après cette superbe envolée et, s'étant tourné vers moi, à mi-voix:

- Ça, mon petit, murmura-t-il, ça signifie que je m'en f... !

 

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                Daumier. Le banc des ministres 1834

 

La plus éloquente des déclarations ministérielles me fait toujours un peu songer à l'éloquente péroraison du vieil avocat....

(Ce texte est une mise à jour d'un billet publié dans "L'Écho de Paris" du 22 juin 1906 alors que le gouvernement était présidé par M. Sarrien et la République par M. Fallières).

Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : cercle des libres penseurs
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 15:52


Pour faire revivre la Fête de la Fédération



Il y a un an jour pour jour j'écrivais sur ce blog un article intitulé  "14 juillet confisqué". Je n'en changerais pas un mot aujourd'hui et je vous y renvoie si vous le voulez bien. (lien)

Cette année me semble-t-il, le ciel de Paris s'était fait le miroir du visage hideux de notre monde politique et c'est fort bien. Autrefois ma mère me disait que le tonnerre était l'expression de la colère de Dieu. Ce matin était-il plutôt l'expression du grondement de l'exaspération des citoyens contraints de vivre en Sarkozie.

A mon article de l'an passé j'ajouterai une idée peut être utopique, mais l'utopie n'est-elle pas le moteur d'une marche en avant vers l'idéal tandis que le réalisme est facteur d'inertie s'il n'est que soumission à la réalité.

Pourquoi ne pas faire revivre la grande Fête de la Fédération, qui, le 14 juillet 1790, célébrait à Paris le premier anniversaire de la prise de la Bastille par un rassemblement des citoyens communiant dans la liesse, heureux d'avoir conquis leurs droits.

Puisque le "Grand soir" n'est pas pour demain, imaginons une gigantesque "Citizen Pride". Les citoyens unis dans le même idéal de reconquête prendraient de leur propre l'initiative, avec l'aide du  monde associatif, possession des Champs-Élysées pour 24 heures à partir du 13 juillet à minuit.  Tous les ingrédients de la fête seraient réunis, de la barbe à papa aux orchestres amateurs ou professionnels et au théatre de rue  en passant par les jongleurs, les clowns, les marchands de frites et de roudoudous, Guignol pour les petits, accordéon musette nostalgique pour les plus âgés, chorales, lecture publique de nos grands textes fondateurs.

 En matière d'uniforme, seuls nos amis  les pompiers seraient invités et si le pouvoir, placé devant le fait accompli,   faisait donner la force publique contre le peuple, ce serait en définitive une aubaine puisque sa disqualification serait  ainsi définitivement scellée

Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : cercle des libres penseurs
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Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 02:53


de Montmartre à Saint-Germain des Prés



Ce matin du 11 juin, descendant l'escalier de mon immeuble de la rue des Grandes carrières à Montmartre, je croise mon voisin du dessus; un ancien aristocrate bougon reconverti dans les affaires et répondant au nom ronflant d'Amaury des Escholiers . Tout naturellement, le voisinage, pour se moquer, l'appelle Duchemin.

Comme à l'habitude, il est vêtu à la mode ancienne; haut de forme gris clair, redingote de la même couleur, largement ouverte sur un gilet serré à la taille, lavallière blanche au col,  bombant le torse pour mieux mettre en valeur l'or scintillant de la chaîne de son oignon de gousset.

Sans même prendre le temps de me dire bonjour, il me lance d'une voix forte, trémulante d'indignation: Ça y est! Ils ont mis leur funeste projet en oeuvre! Dieu sait ce qui nous attend! On va bientôt compter les morts.

De quoi s'agit-il? lui demandè-je, curieux. Et bien c'est fait mon bon ami! ils ont inauguré ce matin à 6 heures la première ligne d'omnibus automobiles. Ils appellent cela aussi des autobus. Des machines infernales, qui font un vacarme d'enfer et crachent des nuages de fumée. Avouez que les chevaux, comme ceux que j'ai la fierté d'avoir montés à l'exemple de mes nobles ancêtres ont une autre allure. En tout cas, je puis vous assurer que je continuerai  de n'emprunter que les hippomobiles tant qu'il y en aura encore.
.
Si vous voulez constater par vous-mêmes rendez vous au dépôt de la Compagnie Générale des Omnibus rue Ordener, me dit-il  d'un ton dégoûté; puis il reprend sa montée de l'escalier en marmonnant des mots incompréhensibles dont je crois saisir toutefois:  "maudits républicains". Puis il se retourne brusquement et me crie: " Ah! Il est beau votre progrès! Rappelez-vous il y a dix ans ce train de Granville, qui faute de pouvoir s'arrêter à temps, traversa la façade de la gare Montparnasse. Rappelez-vous cette locomotive qui s'écrasa sur le trottoir, tuant sur le  coup une pauvre marchande de journaux qui tricotait tranquillement assise à son kiosque.

 

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L'acident de Montparnasse (le Petit Journal)

octobre 1895

 
Pressé de me rendre compte des visu du nouveau progrès de notre industrie, je descends rapidement les cinquante mètres qui me séparent de la rue Lamarck pour monter jusqu'à la rue Damrémont que je commence à descendre d'un pas agile, ne m'arrêtant qu'à la Pharmacie de Montmartre au numéro 63 pour acheter un petit flacon de Ricklès, fort utile en cette saison. J'e dois attendre un peu car le pharmacien et son préparateur se font photographier devant la porte de leur établissement  pour un éditeur de cartes postales.

 

Pharmacie-2

Pharmacie de Montmartre 63 rue Damrémont

(carte postale d'époque)

 

J'avais bien remarqué depuis quelques jours dans cette même rue Damrémont  pendue à un réverbère une plaque bleue sur laquelle était inscrits en lettres blanches  ces mots "Omnibus automobiles - Arrêt". arrivé au croisement de la rue Damrémont et de la rue Ordener, je passe rapidement devant une immense affiche publicitaire du cirque Médrano établi  boulevard de Rochechouart et croise là un omnibus hippomobile empruntant la rue Damrémont; sans doute l'un des derniers d'une espèce en voie de dsiparition. Cela m'émeut mais je  poursuis mon chemin d'un pas rapide dans la rue Ordener en direction de la mairie du 18ème.

Arrivé au dépôt de a CGO je compte onze omnibus moteurs en marche. Cela fait un vacarme assourdissant qui a attiré tout le voisinage aux fenêtres tandis que les curieux, difficilement contenus par quelques  gardiens de la paix et des surnéméraires, le petit personnel de la compagnie, se pressent autour de ces véhicules extraordinaires. Ceux-ci,  de couleur jaune pour l'impériale et la voiture proprement dite et rouge brunâtre pour la bas de caisse et le compartiment du moteur, sont équipés de roues à bandage de caoutchouc. Tout neufs, ils sont d'une propreté impeccable.

 

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photo RATP

 

Un conducteur moustachu dénommé Bernardon, m'explique que ces autobus sont des P-2 de la marque Brillié-Schneider d'une puissance de 30 chevaux à trois vitesses et  marche arrière. qui peuvent transporter 32 personnes à près de 14 km à l'heure. Vieux de la vieille de la compagnie formé à l'École des cochers du 123 rue Marcadet à Montmartre encore, il est fier comme Artaban et ne semble pas regretter d'avoir laissé ses chevaux à l'écurie et son fouet au crochet. Un homme de progrès à n'en point douter. Il m'explique que la voiture proprement dite, fermée,  constitue la première classe et l'impériale, à l'air libre,  la seconde.


 

Ecole cochers

          Devant l'École des cochers de la ville de Paris vers 1900

 
Après une longue attente, je monte dans l'un de ces autobus, le n° 457 de la ligne AM, la première de toutes, qui assure la liaison Montmartre-Saint-Germain-des-Prés. Un coup de timbre sec, suivi de cinq autres et nous voilà partis, nous sommes quelque peu secoués. la suspension est un peu raide. Très vite nous arrivons au premier arrêt de la rue Damrémont. celui dont j'avais remarqué la pancarte bleue quelques jours auparavant.

Franchi le pont Caulaincourt, qui enjambe le cimetière de Montmartre, nous sommes place de Clichy quelques petites minutes seulement après notre départ. Là, des midinettes, des trottins, des employés ou des ouvriers qui vont à leur travail s'arrêtent ébahis admirant notre voiture colorée et rugissante, puis, c'est la gare Saint-Lazare, au coin de la rue d'Amsterdam, la place de l'Opéra, le  Palais-Royal, le quai des Tuileries, la rue des Saints-Pères et enfin, à côté de la station d'omnibus  hippomobiles Batignolles-Clichy-Odéon, nous voilà en face Saint-Germain-des-Prés. Le trajet s'est effectué en 27 minutes au lieu de 45.

A Saint-Germain, tête de station pour le trajet de retour, il y a comme une petite émeute, à cause des gens qui veulent prendre l'omnibus automobile et ceux qui veulent le regarder de près. Ces derniers ne craignent pas de se mettre à quatre pattes ou à plat ventre pour voir par dessous l'objet de leur curiosité et ils transmettent leurs découvertes aux voisins. Le conducteur aussi a du succès, vêtu et casqué de cuir reluisant. Chacun y va de son avis sous le regard condescendant d'un monsieur "qui sait", du genre  employé de bureau, à voir ses manches de lustrine.

Je décide de faire le trajet en sens inverse pour remonter chez moi sur la butte, mon village. Il me faut attendre à cause du nombre de candidats au voyage. Enfin à bord, je constate avec surprise que l'autobus avec sa puissance de  40 chevaux bridée à 30 par mesure de sécurité,  grimpe allègrement la rue d'Amsterdam bien mieux qu'aucun attelage chevalin dont ll signe du même coup l'arrêt de mort. Installé à l'impériale, je me plonge dans la lecture du journal qui avait été comme à l'habitude glissé sous ma porte. J'y découvre un entrefilet caustique où il est question d'une déclaration ministérielle de la plus haute importance dont la lecture est attendue à la Chambre et dont on est convaincu qu'elle sera comme à l'habitude un chef-d'oeuvre  dans l'art de dire des choses  qui ne veulent rien dire.

Je me réveille soudain dans mon lit. On est le 12 juin 2006. L'espace d'une nuit  je viens de remonter le temps d'un siècle très exactement.  Ce voyage onirique était sans aucun doute dû à la lecture que j'avais faite la veille des facsimilés de deux journaux du 12 juin 1906, "L'Éclair" et "L'Écho de Paris".

 

Bus-4


J'entreprends de refaire le voyage. Descendant la rue Damrémont, je m'arrête à la pharmacie du 63, Il n'y a pas de pharmacien ni de préparateur en blouse blanche, mais deux jeunes femmes  à qui j'achete un spray de Ricklès.  Un peu plus loin, rue Marcadet, j'emprunte mon autobus préféré, le "95". Comme son ancêtre le P2 de la ligne AM, il me conduit de Montmartre à Saint-Germain des Prés ou je vais parfois ranimer mes souvenirs de jeune étudiant de l'époque où Montand chantait les "Feuilles mortes" et Juliette Gréco "Il n'y a plus d'après". Curieusement, dans mon journal il est question d'une prochaine déclaration ministérielle de la plus haute importance.

(fiction inspirée de rtémoignages rapportés par les  deux journaux du 12 juin 1906 mentionnés plus haut)








Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : blog culture
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 19:31

Fantasia chez les Ploucs,  ou les tribulations bucoliques des escarpins vernis dans la glèbe humide des terroirs


Hier en ce 27 octobre de l'an de grâce 2009,  au risque de souffrir  de poussées d'urticaire je me  mis en peine d'écouter et suivre de visu, en son entier et par le menu, l'adresse solennelle faite par Nicolas à la brave paysannerie française.

Epoustouflant. J'en suis resté comme deux ronds de flan. C'est moi qui vous le dis! Un puits de science ce Nicolas, dominant de toute sa hauteur l'agro-économie  fonctionnelle et structurale urbi et orbi. On aurait juré qu'il avait lu dans le texte Les Travaux et les Jours de ce cher Hésiode ou les Très Riches Heures du bon  vieux Duc de Berry. Les deux mains appuyées sur son pupitre, parlant d'un ton mesuré, mais ferme et didactique, il a par moment laissé paraître son émotion et sa compassion devant ces enfants de laboureurs autrefois riches et qui aujourd'hui travaillent et prennent de la peine sans plus aucun espoir de trouver le trésor prétendument enfoui sous la glèbe de leurs champs ingrats.

Mais, à l'observer, une chose m'intrigua dans le comportement de Nicolas. Qu'était-ce? Je me creusais la tête mais n'arrivai pas à identifier ce je ne sais quoi. Puis , subitement, je me frappai le front d'un poing vainqueur comme l'avait fait devant moi  Archimède mon meilleur copain de classe. Eureka! J'avais trouvé. Nicolas ne manifestait plus aucun signe d'agitation trémulante et compulsive  des cervicales.

On n'était pas à Lourdes mais à Poligny, dans le Jura. Ne s'agissant donc pas d'un miracle, quelle pouvait donc être l'explication de cette guérison subite? A force de réflexion, j'arrivai à la conclusion qu'il devait s'agir d'un inhibition due à l'attention scrupuleuse et soutenue que Nicolas portait à la lecture de la partition posée sur son pupitre et qui, assurément, devait avoir été écrite par quelqu'un connaissant la musique des petits oiseaux qui gazouillent dans les verts et frais bocages de notre douce France. Nicolas, Hésiode et le Duc de Berry n'étaient donc pour  rien dans cette démonstration magistrale.

Mais alors que le discours touchait à sa fin, patatras! voilà que les cervicales s'agitèrent. Le ton s'était fait soudain véhément, agressif. A coup sur, c'est Nicolas qui s'exprimait et non plus le compositeur de musique bucolique. Sans transition, il s'était mis à parler de l'identité française, sa marotte d'aujourd'hui, cette identité française dont l'agriculture, comme l'avait dit bien avant lui ce brave Sully, est un élément intrinsèque comme les mamelles au mammifère. La France a un "lien charnel avec la terre", a-t-il asséné, rappelant que chaque famille française compte au moins  un grand-père ou un aïeul qui fut paysan. Tout cela venait comme un cheveu sur la soupe mais il fallait que ce fût dit et ce fut dit. Et Nicolas sait de quoi il parle, lui qui dans son enfance garda les vaches à Neuilly-sur-Seine. Des vaches à Neuilly! Vous voulez rire! Ben pourquoi pas? Peut-être celles que l'on avait sorties des écuries de m. Augias, le temps d'un nettoyage.

Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 01:16

Ex Patre Filioque gloria francorum procedit


Vous avez dit népotisme? Voyons! Et le destin? Et les gènes? Qu'en faites-vous?



Une fois n'est pas coutume; je suis d'accord avec les godillots (1) de l'UMP qui courent à la rescousse de Jeannot, le fils à Sarko auquel certains  malfaisants contestent le droit de briguer la direction du EuropeTrade Center de la Défense.


Est-ce de sa faute à lui s'il s'appelle Sarkozy? Hein! Je vous le demande! Ça ne serait pas  plutôt la faute au zyzy de Sarko. Il est né et habite à Neuilly et alors? c'est de sa faute? Je vous le demande. Il aurait tout aussi bien pu s'appeler Jean Bonneau et habiter une barre de Clichy-sous-Bois ou Montfermeil. Ferait-on alors toute une histoire à propos de son ambition?

Pour en rajouter il y en a parmi ces malfaisants qui rappellent que Jeannot s'est récemment marié avec l'héritière de Darty,  un précieux Contrat de Confiance matrimonial . Ça serait encore de sa faute d'après vous? En réalité, s'il n'avait pas eu le malheur de naître et habiter à Neuilly, il n'aurait certainement pas rencontré la Princesse à Clichy-sous-bois .

D'autres disent qu'il est trop jeune. Les godillots rétorquent, prenant Sarko pour Don Diègue et Jeannot pour Rodrigue,  qu' à âme bien née la valeur n'attend pas le nombre des années. Les mêmes affirment qu'il est compétent. Pourquoi pas? Cependant il néglige ses études de Droit. C'est incontestable et ça ne serait peut-être pas le cas s'il  étudiait chez les curés. Mais s'il néglige ses études, c'est pour mieux se consacrer à la politique. Et alors! Serait-ce de sa faute? Non! Pas du tout! L'explication se trouve dans la génétique si chère à son papa. Certes, ni l'homosexualité ni la tendance suicidaire ne figurent dans son schéma génétique. Non. L'explication c'est le gène de la spirale aspirante politico-ascensionnelle irrépressible que lui a légué son papa. Lui, Jeannot, il n'y est pour rien et tout ce que disent ses adversaires sur ses ambitions démesurées, son appétit de pouvoir, n'est que pure méchanceté de la part de minables frustrés.

Jeannot a déjà fait son trou dans l'appareil politique régional des Hauts-de-Seine. Il faut dire que ce n'est pas de tout repos. C'est, comme on dit, un "quartier sensible". Pire que Clichy-sous-Bois et Montfermeil réunis. Il parait que la-bàs, une fois franchi le pont enjambant l'Ile de la Jatte, l'air serait malsain. Un certain m. Augias y posséderait des écuries malodorantes pour ne pas dire nauséabondes. Mais ce n'est sans doute là qu'une vile calomnie propagée une fois encore par les malfaisants. D'ailleurs, tout près de Neuilly, à Levallois-Perret, m. Balka nie tout en bloc et c'est un connaisseur.

Je serais tenté de le croire ce brillant élu car pour ma part, ayant entendu parlé de ces écuries, j'ai mené ma propre enquête (lien). J'ai fouillé partout, interrogé ici et là, consulté les Pages Jaunes. Pas plus de m. Augias que d'os dans le goulash! Il me reste quand même un petit doute.  En effet, altruiste et déterminé par bonté d'âme à aider au nettoyage des écuries de ce m. Augias pour le bien-être des Neuilléens et autres Alti-Séquaniens, je m'étais rendu au siège du Conseil général. Et bien! vous me croirez si vous voulez: j'ai été viré à coups de pied au cul. Suspect non?

Pour en revenir à notre cher Jeannot. Ce brave garçon n'est en fait qu'une victime du sort. Un accident du sarkozisme transcendantal.

1) Il parait que le front des godillots commence à se fissurer. Certains d'entre eux en ont ras le bol de se mouiller les semelles jusqu'aux lacets dans ces cloaques qui -si l'on en croit les diplômés de l'Ecole des Hautes Etudes en linguistique finno-ougrienne- sont  le propre des  paysages sarkolandiens.
Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : Chroniques du temps présent
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 15:50

Vous avez dit Dakar ?










Vendredi 11 Septembre, dans l'émission de France-2 "Vous aurez le dernier mot", alors que le débat portait sur la France-Afrique, l'animateur Franz-Olivier Giesbert proposa de regarder un extrait du discours très controversé prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007.

 "Voyons un extrait du discours de Dakar", dit-il. Mais, rien ne vient. "Il y a un problème" demande-t-il à la régie? En vain....(Silence). "Il y a un problème? (Silence) "Apparemment il y a un problème", conclut-il, passant à la suite du débat.

L'ORT... Pardon ! L'Audiovisuel public n'aurait-il donc plus dans ses archives ce fameux discours emblématique de la pertinence et de la délicatesse de notre diplomatie française sous le règne de Nicolas 1-er ?

Bizarre ... Bizarre! J'ai dit Bizarre?

 (lien)   Discours.html Discours.html

L'intégral du discours sur le site de l'Élysée   link
On  peut y constater que les propos courtois du début n'enlèvent rien au caractère grossièrement paternaliste de la fin.
Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 20:59
Et si c'était vrai ?


Je donnerais ma main à couper que certains de ces vénérables imams qui s'illustrent par leur grande sagesse populaire ici et là et particulièrement dans les mosquées d'Égypte, ont eu l'idée d'affirmer, à l'appui de leur doctrine, que le niqab, ou voile intégral, est pour les femmes la meilleure protection possible contre la contamination par le virus de la grippe-A. D'aucuns auront peut-être précisé que le niqab est pus efficace que la burqa, dont le masque est ajouré.

Il faut dire que ces imams et autres prédicateurs ne s'embarrassent pas d'arguments inutiles qui ne servent qu'à compliquer les choses. L'un d'entre, sans doute le plus célèbre et le plus populaire des prédicateurs que l'Egypte ait connus, le défunt cheikh Muhammad Metwalli Shaaraoui (Dieu l'ai en sa Sainte Miséricorde) interpellé  à propos du manque cruel d'appareils de dialyse face au fléau de l'insuffisance rénale dont souffre ce pays, eut cette réflexion frappée au sceau de la pieuse évidence: "A quoi bon se préoccuper du manque d'appareils de dialyse. Si quelqu'un meurt d'insuffisance rénale, c'est  la volonté de Dieu".  Cette réflexion jeta le trouble jusque parmi les béats admirateurs du cheikh.

A propos! Il parait que Ben Laden, souffrant d'insuffisance rénale, est soigné précisément à l'aide de la dialyse par son fidèle second, le médecin égyptien Ayman az-Zawahiry. Voudraient-ils, l'un et l'autre, défier la volonté du tout Puissant?

Il ne vous a sans doute pas échappé que le choix de l'expression "j'en donnerais ma main à couper" qui ouvre cet article, n'est pas tout à fait innocent. Il est vrai que dans ma prime jeunesse, j'ai parfois chipé quelques pommes dans le verger de la voisine. Si je me trompe qu'on me coupe donc la main; je l'aurai ainsi doublement mérité.
Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 21:32
Du fil à couper le beurre


sur le plateau d'Yves Calvi Jean d'Ormesson nous a gratifiés il y a quelques jours d'envolées verbales culminant bien au dessus du firmament  de la coupole de l'Institut. On en est restés baba!

"L'hyerpactivité c'est mieux que l'inactivité. L'ouverture c'est mieux que la fermeture. Changer de discours c'est mieux que de dire toujours la même chose", nous a-t-il asséné, doctoral, à propos du bilan critiqué des deux ans de Sarkozy à l'Elysée.

"Il est vrai que notre chouchou des plateaux télévisés est un sarkozyste viscéral et , à sa décharge on doit admettre que les viscères ne sont pas l'endroit le mieux approprié à l'exercice intellectuel du raisonnement et de la critique. Cela est tellement évident que notre académicien en a perdu le sens de la réalité en reprochant au livre de François Bayrou "Abus de Pouvoir" de n'être qu'un catalogue de critiques dépourvu de programme politique. Il ne faut pas avoir inventé l'eau chaude pour comprendre que présenter un programme n'était pas le propos de cet ouvrage. Sollicité sur un autre sujet qui a fait désordre, notre bel immortel a tout de même -mais comme à regret- reconnu que Sarko avait eu tort de dire que les curés valent mieux que nos "instits" républicains  pour éduquer nos chères têtes blondes. Il aurait été un peu gros de ne pas le reconnaître.
























Un autre sarkozyste, chouchou lui  aussi des plateaux et qui ressemble quelque peu physiquement à notre bel académicien chenu, Philippe tesson, est plus astucieux. Il porte ses lunettes sur le front. C'est sans doute pour voir plus clair dans ses pensées. A mon avis il devrait changer d'opticien.


Moi je ne suis pas un sarkozyste viscéral. Ça va bien au delà ! Moi, pour tout vous dire, Sarko je l'ai dans la peau ! J'en suis marteau ! C'est épidermique. Chaque fois que j'entends son nom ou que je le vois à la télé, j'ai des poussées d'urticaire au point que je dépense un argent fou en crème de chez la Roche Posay et autres Eaux d'Avène. J'ai pensé porter plainte pour dommage corporel mais j'ai renoncé. L'immunité présidentielle forcément !

Mais, voyez-vous! même si ça me gratte ça ne m'empêche pas de penser et de juger surtout lorsque les faits sont tellement évidents qu'il n'exigent pas de longues réflexions. C'est le cas des décisions que l'Elyséen prend en dehors de toute légitimité, là où De Gaulle aurait sollicité l'avis du peuple par référendum en mettant en jeu  son mandat présidentiel. Je ne citerai que celle de faire rentrer la France dans le Haut-commandement intégré de l'OTAN et celle d'envoyer des troupes supplémentaires dans les zones de combat d'Afghanistan. (lien) SARKOZY-OTAN: MÉPRIS DES FRANÇAIS

A propos de bilan. Mais où est donc passée l'Union pour la Méditerranée, à l'Orient de laquelle se passent de si tristes choses? Autant en emporte le vent ou "la fin des haricots" comme disait  maître Pierre Dac. (lien) ILLUSIONNISME POLITIQUE


Par Yaqzan - Publié dans : Humeurs - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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