Samedi 13 août 2011
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Ou la nostalgie du poinçonneur des Lilas
Lu vendredi dans "le Parisien": Invention d'un robot capable d'assurer la surveillance des entrepôts jusque dans leurs moindres recoins. Une merveille de
technologie avec un petit air d'aspirateur automatique. Oui mais combien de vigiles voués au chômage? Déjà des hypermarchés ont installé des caisses automatiques envoyant ainsi des milliers de
caissières au Pôle Emploi.
Combien de dégâts a ainsi produit l'automatisation non assortie d'un accompagnement social ni de réformes de l'organisation du travail. Je me souviens d'une
phrase aujourd'hui oubliée prononcée par Giscard d'Estaing dans les année 1970: "Avec le progrès technologique, nous allons entrer dans la civilisation des loisirs". En quelque sorte, le
président inventait les 35 heures une décennie avant Martine Aubry.
Hélas! le chômage a pris la place des loisirs au profit des gains de productivité à moindre coût au bénéfice du grand patronat.
Poinçonneur du métro
(Photo Paris en Images)
Qui, parmi les jeunes d'aujourd'hui sait à quoi et à qui se réfèrent les paroles de la chanson de Serge Gainsbourg: "J'suis l'poinçonneur des Lilas ..." ? Les
portillons automatiques ont remplacé ce brave homme tombé dans l'oubli comme la semaine des quatre jeudis"
Par Yaqzan
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Jeudi 21 août 2008
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حشيشة الفقرا
Ou la pieuse découverte d'un paradis artificiel
Dans sa monumentale description de l'Egypte* le célèbre géographe et historien arabe al-Maqrizi rapportait au XV-ème siècle une tradition orale vieille alors de
deux-cents ans concernant la découverte et l'expansion de l'usage du cannabis en Orient, d'abord parmi les derviches** puis dans l'ensemble de la société.
Voici cette histoire telle que l'exposa un conteur témoin direct des faits:
"Il était un fois parmi les derviches un cheikh du nom de Haydar (que Dieu ait son âme), natif de Nichapour au Khorassan***. Accompagné de ses disciples, le cheikh Haydar avait établi son
lieu de retraite (zaouia) sur une montagne de ce pays.
Il se dépensait beaucoup en exercices et efforts et se nourrissait de fort peu de choses . Il avait atteint les sommets de l'ascèse et se surpassait en piété. Il s'était mis à l'écart dans un
recoin de la zaouia et y demeura dix ans sans jamais en sortir. Personne à l'exception de moi-même, qui était à son service, n'était autorisé à l'approcher.
Il advint qu'un jour, le cheikh sortit seul en direction du désert à l'heure de la plus grande chaleur. Or, lorsqu'il revint, son visage était resplendissant de vie et de joie
contrairement à l'état habituel que nous lui avions connu jusqu'alors.
Puis le cheikh Haydar autorisa ses disciples à s'approcher de lui et se mit à leur parler. Lorsque nous le vîmes ainsi convivial après qu'il fût resté enfermé si longtemps muet dans son
isolement volontaire, nous l'interrogeâmes sur les raisons d'une telle métamorphose. Et il raconta:
"Alors que j'étais dans ma retraite, l'idée m'est venue de me rendre seul dans le désert. Je sortis et trouvai toutes sortes de plantes . Elles étaient comme figées, faute d'un moindre
souffle de vent sous une chaleur intense.
"Soudain je passai près d'une plante feuillue qui était animée de mouvements gracieux, se balançant doucement comme quelqu'un en état d'ébriété. Je me mis à cueillir quelques unes
de ses feuilles et les mangeai. Il se produisit alors en moi cet apaisement que vous venez de constater. Venez donc avec moi, dit-il, je vais vous conduire à cette plante pour que vous en
connaissiez la forme".
Nous nous rendîmes donc dans le désert. II nous montra la plante et nous lui dîmes qu'il ne s'agissait que de chanvre. Mais Il nous ordonna d'en cueillir les feuilles et de les manger, ce que nous
fîmes. Puis nous revînmes à la zaouia. Notre coeur était rempli d'une liesse et d'une joie que nous ne pouvions dissimuler. Lorsque le cheikh vit l'état dans lequel nous étions, il nous
ordonna de prendre soin de cette drogue et de tenir le commun des gens dans l'ignorance de ses effets.
Il nous conseilla toutefois de n'en point cacher l'existence aux autres derviches. "Car Dieu (qu'il soit exalté), nous dit-il, leur a réservé comme à vous le secret de ce végétal
pour qu'il dissipe vos lourds soucis et donne à vos nobles pensées toute leur splendeur. Veillez sur ce dépôt qu'il vous a légué et prenez grand soin de ce qu'il vous a confié.
Nous semâmes de cette herbe dans la zouia du cheikh Haydar et gardâmes le secret durant toute sa vie. Il nous demanda d'en semer autour de son tombeau après sa mort. Le cheikh vécut
encore dix ans et il ne se passa pas un jour qu'il n'en mangeât et il nous demanda de réduire notre alimentation au profit de cette herbe.
Après la mort du cheikh Haydar, un magnifique mausolée fut construit sur sa tombe. On y vit affluer les offrandes innombrables des gens du Khorassan qui le glorifièrent,
firent de son tombeau un lieu de pèlerinage et réservèrent à ses disciples le plus grand respect.
A l'heure de sa mort le cheikh chargea ses disciples de révéler le secret de cette drogue aux notables et hauts personnages du Khorassan. Ceux-ci en consommèrent et son usage se répandit parmi les
populations de Perse puis d'Irak, de Syrie, d'Egypte et d'Anatolie."
A ce propos un poète de l'époque écrivit:
"Laisse de côté le vin, et de Haydar
"bois plutôt le divin nectar
"d'ambre et d'émeraude coloré (...)
"Il te révélera des signes sensés
"que dans le vin ne saurais trouver
"et t'inspirera des propos qu'on ne peut réfuter"
Selon une autre tradition, les effets du cannabis auraient été découverts dans des temps bien plus anciens en Inde, avant de conquérir le monde. C'est sans doute vrai puisque l'on parle de
chanvre indien mais rien ne nous empêche de croire que le bon cheikh Haydar les a découverts une deuxième fois.
La confrérie haydariya, fondée par le cheikh éponyme, de son nom complet Qutb-ed-Din Haydar ( m. 1221), est mentionnée notamment par le célèbre voyageur maghrébin Ibn Battuta (1304-1369), qui
parcourut le monde de l'Afrique à l'Extrême-Orient pendant 28 ans et laissa une relation de voyage fort précise surpassant de loin celle de Marco Polo. Il visita la zaouia et le tombeau du
cheikh à Zaoueh, localité du Nord-est de l'Iran, aujourd'hui appelée Torbat-e-Heydariyeh (trad. tombeau de Haydar).
Selon Ibn Battuta, les Haydariya observaient une ascèse extrême , se livrant à des pratiques de mortification telles que marcher et se rouler sur la braise et porter des colliers,
bracelets et anneaux d'oreilles en fer ainsi qu'une armature du même métal sur leurs parties sexuelles pour les aider à respecter leur voeu de chasteté absolue. Le voyageur arabe ne mentionne pas
leur éventuelle consommation de hashisch, qui n'est toutefois pas à exclure.
Tous ces détails sont également mentionnés par l'ecclésiastique et orientaliste R.P. Louis Petit dans un opuscule intitulé "Les Confréries Musulmanes", publié à Paris en 1902.
* Al-Khitat al-maqriziya الخطط المقريزية
** j'ai choisi d'utiliser le mot derviche plutôt que son équivalent fakir utilisé par Maqrizi. Ceci du fait que fakir est généralement perçu en occident dans le sens de magicien ou illusionniste
alors qu'il s'agit d'ascètes religieux vivant d'aumônes et appartenant généralement à des confréries mystiques.
*** Province du nord-est de la Perse
Par Yaqzan
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Vendredi 30 mai 2008
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02:14
Le doigt de la justice là où il ne faut pas
toutimage.com
L'affaire de l'annulation de son mariage obtenue par un musulman qui estimait avoir été trompé par l'épousée qui lui avait caché qu'elle n'était pas vierge est
scandaleuse. Elle est scandaleuse dans la mesure où le tribunal dans son interprétation d'un article du code civil apparemment pertinent a en quelque sorte avalisé un fait de société ne reposant
sur aucune loi autre que celle de la coutume. En l'occurrence une coutume rétrograde qui, rappelons-le, était également en vigueur autrefois dans nos sociétés, notamment rurales et
religieuses.
Il faut être clair. L'Islam en tant que religion est muet sur ce sujet. Il s'agit bien donc exclusivement d'un fait de société aujourd'hui obsolète en France et partout ailleurs en Europe et dans
lequel j'estime que la justice de notre pays s'est dangereusement fourvoyée.
Chères lectrices de mon humble blog, je vous signale qu'il existe à ma connaissance deux moyens d'échapper à la mésaventure de cette jeune femme: le plus efficace est la reconstitution de l'hymen
par implant chirurgical. Le second, moins sûr est l'utilisation de blanc d'oeuf cuit (recette de bonne femme). Je vous déconseille l'un et l'autre car ce serait fuir le combat que vous devez
mener pour votre liberté et votre dignité.
ps: Je m'excuse pour l'interprétation quelque peu grivoise que l'on peut faire de mon sous-titre.
Par Yaqzan
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Samedi 19 avril 2008
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14:48
"Pour les domestiques c'est l'élévateur de service". La femme ainsi interpellée dans l'ascenseur principal d'un immeuble cossu ne sait sur quel ton répondre. Elle n'est pas une domestique
mais elle est noire. Quelqu'un sonne à la porte d'une dame noire de la bonne société. Elle ouvre et s'entend dire: "votre patronne est-elle ici?"
Révélatrices de la conjonction du fait social et du fait racial, Ces deux scènes se passent à Rio de Janeiro au début des années 80. A cette époque, l'hebdomadaire satirique "Pasquim" (en
Brésilien "feuille de choux") qu'un de mes amis homme politique et écrivain brésilien qualifiait de "anarco-ipanemo-hédoniste", avait consacré un numéro au racisme ambiant dans ce pays pourtant
généralement présenté comme un exemple de mixité raciale harmonieuse. Sur sa couverture ( photo ci-contre), on pouvait lire avec un brin d'humour: "A coisa ta preta" littéralement "la chose est
noire", ce qui veut dire "ça va mal" en langage populaire carioca.
Des anthropologues brésiliens ont autrefois classé la population du pays, dont plus de la moitié est noire ou métisse, selon un éventail de six couleurs allant du blanc (branco) au noir très
noir (preto,crioulo, negão) en passant par le gris (pardo) puis le métisse (mulato) dont la position intermédiaire dans ce bouquet floral est en quelque sorte un alibi de bonne conscience.
Quant à la mulata, la femme métisse, elle a été en raison de sa beauté, "promue" au rang de symbole sexuel exploité par les vendeurs de spectacles pour touristes et les chaînes de télévision.
Photo Yaqzan
Les différences raciales recouvrant très exactement les profonds clivages sociaux de la société brésilienne, la communauté noire a commencé à la fin des années 70, à la faveur de la libéralisation
politique du pays, à s'organiser en associations pour défendre ses droits, consciente d'être marginalisée, cantonnée dans les emplois les moins valorisants, première victime du chômage et cible
privilégiée d'exactions policières.
Favela "a Rociña" photo Yaqzan
Cet exemple brésilien de la conjonction des faits racial et social est tout à fait pertinent pour l'analyse de la situation que nous connaissons en France. A
Rio, il y a les "Favelas". A Paris et dans d'autres grandes agglomérations, il y a les banlieues à cités dites "sensibles" qui souffrent très exactement des mêmes maux.
Le fait serait-il donc universel? Tout porte à le croire .
Ces temps-ci en France, il est abondamment parlé de racisme, d'esclavage, de colonialisme et aussi de repentance. Il n'est
guère parlé d'histoire ou plus précisément d'analyse critique objective des faits historiques. La situation que nous connaissons est tout à fait malsaine, surtout quand on y introduit la notion de
repentance que l'on exige des européens dans un concert auxquels participent (certainement de mauvaise grâce) nos dirigeants politiques.
Le repentir ne peut être exigé que de l'auteur d'une faute ou d'un crime, c'est généralement un individu, un groupe d'individus bien défini, ou enfin un état, à savoir un corps politique constitué
et responsable de ses décisions et de ses entreprises et qui peut à tout moment être substitué par un autre. Or, exiger d'une nation un acte de repentance est une aberration lourde de conséquences
dangereuses dans notre environnement socio-ethnique pluriel. L'esclavage est un crime. Concernant les européens, Il a été commis dans le cadre du commerce dit "tricontinental" pratiqué par des
entreprises marchandes qui exportaient des colifichets vers l'Afrique en échanges de captifs noirs (fournis par des noirs) pour les exporter vers les Amérique, d'où en échange ils rapportaient vers
l'Europe des produits exotiques de grande valeur. Dans le contexte culturel de l'époque, ces gens n'avaient même pas conscience de commettre un crime, ce qui n'atténue en rien l'horreur des
faits.
Doit-on imputer ces crimes à la nation que constitue un peuple et du même coup à ce peuple lui-même? doit-on exiger de lui une repentance pour des faits qui à l'époque où ils étaient commis lui
étaient totalement étrangers. doit-on exiger repentance des habitants actuels de Bordeaux, Nantes, ou Liverpool, principaux ports négriers? Aujourd'hui, la Vendée doit-elle exiger la repentance de
la République française pour les massacres dont elle a été victime de la part des troupes de la Convention?
L'esclavage, les invasions de territoires, l'aliénation de peuples ont jalonné l'histoire de l'humanité depuis la plus lointaine antiquité et ils continuent aujourd'hui (voir le Soudan notamment).
Ces faits relèvent de l'histoire et doivent être considérés à la lumière de la critique historique et non pas sous l'emprise de passions qui, comme nous l'avons vu, relèvent en grande partie des
clivages sociaux et culturels souvent aggravés ou envenimés par des intérêts politiques, économiques ou religieux, générateurs d'un racisme à rebours aussi hideux que le racisme ordinaire
lui-même.
Toutes ces considérations n'évacuent en rien le devoir de mémoire. La mémoire est partie constituante de l'histoire, mais comme telle, elle doit être délivrée de toute passion ou désir de revanche.
C'est pourquoi j'aime le mot de négritude inventé par Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor. En affirmant l'humanité de l'homme noir il célèbre l'humanité tout entière dans sa dimension
universelle.
Par Yaqzan
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