proche et moyen-Orient

Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 03:00


Selon Mohamed Hassanein Heykal

Dans une interview donnée tout récemment au journal Al-Ahram, le célèbre  journaliste et écrivain égyptien Mohammed Hassanein Heykal tente d'expliquer  ce qui se trame au delà des événements qui secouent le monde arabe et notamment la question libyenne .

 

Mohamed hassanein heikal

Mohamed Hassanein Hekal

 

M. Heykal, qui fut un proche de Gamal Abdel Nasser et un fervent partisan d'un projet national arabe, estime que l'on assiste aujourd'hui à la dispersion aux quatre vents de ce qui restait encore du projet. Il évoque les fameux accords Sykes-Picot de 1916 qui, après la défaite de la Turquie, se traduisit par les partage entre la Grande-Bretagne et la France des derniers pans de l'empire ottoman à savoir le monde arabe, du sud de l'Anatolie au golfe persique (*). Or, M. Heykal  voit se dessiner aujourd'hui une nouvelle édition des accords Sykes-Picot qui se traduirait selon lui par un partage de zones d'influence dans le monde  arabe au profit d'une alliance  américano-européenne dont les arabes, dit-il,  seront tous victimes.

Pendant ce temps, note-t-il, les Iraniens observent discrètement de loin tandis que la Turquie nourrit des ambitions régionales (**).

S'agissant de la Libye, l'écrivain égyptien y voit l'intention de cette même alliance de ce partager les revenus du pétrole. "Certes, dit-il,il  la chute de Kadhafi était justice mais il fallait que ce soit le peuple libyen qui en assume  la responsabilité à l'exception de l'Alliance Atlantique, qui ne libère pas les pays et les peuples mais leur impose sa domination".

Concernant la Syrie, M. Heykal estime qu'il est souhaitable que des changements s'y produisent mais il se dit inquiet de l'attitude de certains pays arabes qui oeuvreraient en faveur d'une intervention militaire internationale.

Enfin, M. Heykal se dit préoccupé de voir que dans ces circonstances, l'Égypte se tienne à l'écart, entièrement absorbée par ces problèmes intérieurs.

(*) Ces accords furent conclus le 16 mai 1916 à Londres par Sir Mark Sykes et le diplomate français Georges Picot sous l'égide du Foreign Office.

(**) La Turquie actuelle constitue une force régionale de première importance et son système politique réputé allier la laïcité et l'Islam modéré, est fortemet apprécié des occidentaux., qui verraient d'un bon oeil cette "laïcité islamocompatible" s'installer dans les pays du "printemps arabe".


Par Yaqzan - Publié dans : proche et moyen-Orient - Communauté : Politique Directe
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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 15:46

 
Un cadeau empoisonné de Sarkozy au peuple libyen



En se rangeant politiquement et militairement  aux côtés de l'insurrection libyenne avec une précipitation qui a étonné certains observateurs indépendants  (*), la France,entraînant dans son sillage quelques uns de ses alliés de l'OTAN, notamment américains et Anglais, s'est non seulement rendue coupable de violation des principes de la charte des Nations Unies qui interdit cette forme d'ingérence  mais elle fait un cadeau empoisonné au peuple arabe de Libye.

Il ne fait pas de doute que la coalition occidentale viendra à bout du régime du colonel Kadhafi, avec la complaisance d'une opinion internationale en grande partie aveuglée par son exécration du fantasque colonel. Ce faisant, le peuple libyen ne pourra pas se glorifier de s'être débarrassé de son despote les mains nues et la poitrine ouverte face aux balles de la répression comme l'ont fait les Tunisiens, et les Égyptiens et tentent de la faire aujourd'hui les Syriens.

Pire encore, la chute du colonel Kadhafi apparaîtra comme l'oeuvre d'une intervention occidentale qui ne manquera pas d'être taxée de néo-colonialiisme. Aussi,   le peuple Libyen, face à ses frères Arabes de Tunisie, d' Égypte, de Syrie, de Bahrein et du Yémen  portera comme un stigmate le fait d'avoir sollicité l'aide militaire de l'Occident pour renverser un despote certes, mais qui portait en lui le souvenir mythique de son héros de l'Arabisme, le colonel Gamal Abdel-Nasser.

Un coup d'état téléguidé et soutenu militairement par l'Occident?

 

La rebellion libyenne a tous les aspects d'un coup d'état en cours d'exécution et je ne pense pas que ce soit le peuple libyen qui ait sollicité l'intervention extérieure, mais ce fameux Conseil National de Transition auto-proclamé , aux intentions et contours incertains dirigé par au moins deux  transfuges du régime, l'ancien ministre de la justice de Kadhafi, Moustafa Mahmoud Abdel-Jalil, objectivement complice de ce dernier dans les condamnations d'opposants au régime. Quant au premier ministre Mahmoud Jibril, qui semble fréquenter beaucoup les capitales occidentales; formé notamment aux Etat-Unis, il avait été chargé par Kadhafi de diriger un comité de développement économique mais il s'est surtout employé à favoriser les privatisations et la mise en œuvre de politiques économiques néo-libérales au détriment de la large répartition des richesses, qui était la marque du régime du colonel.

 

Que ce coup d'état ait été inspiré par les occidentaux n'est qu'une hypothèse, mais il est vrai que l'esprit d'indépendance du colonel Kadhafi et son comportement impévisible pouvait apparaître comme de nature à gêner les projets géostratégiques de l'Occident dans la région Maghreb-proche-Orient et notamment l'Union pour la Méditerranée morte aussitôt céée.

 


Risque de chaos et  retour des salafistes

Mais ce qui est le plus à craindre, c'est le danger de chaos de "l'après-Kadhafi", le retour en masse des intégristes et salafistes de tous poils, les incursions de l'AQMI aux confins du Sahel. Le danger est d'autant plus prévisible qu'en Tunisie et en Égypte, notamment, mais aussi en Algérie, la levée de l'état d'urgence à ouvert de larges boulevards à l'action des intégristes et autres salafistes. Ceux-ci n'ont pas tardé à se manifester notamment en Egypte, où un imam a récemment condamné la mixité dans les universités et où d'autres attisent la haine du Copte latente, ou encore en Algérie avec la multiplication des sessions (halaqat) d'enseignement de la Charia aux jeunes gens, sessions, qui selon l'un de ses responsables cité par le journal El-Watan, "ne sont pas faites pour débattre mais pour écouter l'imam".

Sarkozy en quête de gloire, l'oeil rivé sur 2012

Reste a expliquer l'empressement de Sarkozy dans cette aventure. Je ne vois pour ma part qu'un seul mobile; En se faisant reconnaître comme le "tombeur" de kadhafi à l'instar d'Obama "tombeur" de Ben Laden, l'hôte de l'Élysée espère se refaire une santé électorale. Le "bonheur à venir" du peuple libyen, qu'il ne manquera pas de faire miroiter lors de sa prochaine visite à Benghazi, ne le préoccupe pas plus que celui de sa première chemise. Ce souci n'est pas dans la tradition des va-t-en-guerre.

Et tout cela dans le vacarme des bombes qui ravagent Tripoli faisant nécessairement de nombreuses victimes civiles en dépit des dénégations de circonstance.

 

*) Anne-Cécile Robert "Le Monde Dipmomatique" (mai 2011)

Par Yaqzan - Publié dans : proche et moyen-Orient - Communauté : cercle des libres penseurs
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 03:20
Fait, Réalités, Perspectives                                                                                                                                                                          Begin Sadate                                                                       سلام        שלןמ
   

On célèbre  le soixantième anniversaire de l'état d'Israël un peu partout et particulièrement en France. Cette célébration est tout à fait légitime pour les communautés qui se sentent intimement  et sentimentalement attachées    à  cet état.                                                                                                                                  
                                                                                                                                                
Mais il ne faut pas que le sentiment oblitère la réalité. L'état d'Israël a été créé en 1948 par une résolution de l'Organisation des Nations Unies, peu de temps après la prise de conscience internationale de l'horreur des camps d'extermination . Cette résolution confère à l'état d'Israël une légitimité indéniable. Mais depuis lors ce même état a fait fi de toutes les résolutions de cette même organisation des Nations Unies et notamment celle qui porte le numéro 242 qui l'enjoignait de se retirer de tous les territoires palestiniens occupés. Par là même Israël s'est placé hors la loi internationale avec la bienveillance  d'une opinion publique occidentale qui lui est en majorité favorable et qu'il a fort facilement convaincue que la faute en était imputable aux états arabes. En réalité, derrière des faux-semblants d'adhésion a des initiatives de règlement pacifique du conflit, Israël a poursuivi sa politique de colonisation et tout fait pour que les palestiniens ne puissent pas disposer d'un espace de continuité territoriale viable sur lequel bâtir l'état prévu par la "résolution créatrice". Les années passant la situation n"a cessé d'empirer; éloignant de plus en plus les perspectives de paix. Il faut reconnaître aussi que les dissensions interpalestiniennes et les surenchères arabes n'ont pas arrangé les choses.

Je suis personnellement convaincu que si Israël s'était plié à la légalité internationale, y compris en matière d'armement nucléaire, les choses ne seraient pas arrivées où elles en sont aujourd'hui. Je sais que de nombreux  israéliens éclairés, qui souhaitent que leur pays cesse d'être un "corps étranger" dans la région, le pensent aussi. Je suis également convaincu qu'aucun pays arabe n'imagine ni ne veut l'élimination d'Israël, état qui est une réalité avec laquelle il doit composer. Mais les nations arabes ont à convaincre leur opinion publique manipulée par certains boutefeux, et seul un geste authentiquement sincère d'Israël peut les y aider. Il n'y a pas de temps à perdre car la crise a pris une dimension régionale critique avec l'intrusion de l'Iran.

Pour terminer, je souhaiterais lancer un "coup de gueule" non pas contre Israël mais contre tous ceux qui taxent systématiquement d'antisémitisme quiconque ose critiquer même de manière mesurée, comme je le fais aujourd'hui, la politique de l'état israélien. Je dis "ose" car il s'est instaurer sur ce point un véritable terrorisme intellectuel.
Par Yaqzan - Publié dans : proche et moyen-Orient - Communauté : Chroniques du temps présent
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