Egypte

Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 04:20


La révolution reste à faire

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  foule immense place tahrir au Caire 8/07 (Reuters/Libération)


Toutes les révolutions en marche ont une tendance naturelle à rejeter  ce qui vient  du régime déchu. Il faut éviter  de céder à cette tendance et protéger ce qui a pu être réalisé de positif par ce même régime.

 Nous nous félicitons tous chaleureusement du "Printemps égyptien" mais  on voit aujourd'hui des "barbus" vouloir remettre en question les dispositions prises au bénéfice des femmes grâce en particulier à l'action de Mme Suzanne Moubarak. l'épouse du président renversé.

 Or, des femmes estiment aujourd'hui avoir toute raison de craindre une éventuelle remise en cause du code de la famille qui leur donne le droit de demander le divorce et de se libérer de la tutelle de leurs maris en matière administrative, ou encore, dans un autre domaine, le refus d'interdire l'excision, question dans laquelle Mme Moubarak s'était personnellement engagée malgré l'hostilité résolue des Frères Musulmans et l'inertie timorée d'al-Azhar.

Ce que veulent les égyptiens vraiment révolutionnaires c'est l'égalité en droit des hommes et des femmes (non stipulée dans la constitution révisée), la liberté de conscience, le respect des minorités, notamment coptes, l'éradication de la corruption, une démocratie représentative de tous les courants de pensée, la séparation du religieux et de l'état ainsi que l'éradication du clientélisme, qui a été l'une des des plaies majeures de la politique égyptienne depuis plus d'un demi-siècle.

Au delà des droits que la citoyenneté leur confère, les jeunes Égyptiens ont en premier lieu besoin de trouver un emploi à la fin de leurs études pour pouvoir vivre décemment, se loger et se marier. Dans son ensemble et en premier lieu, la population égyptienne ne demande que  du travail, du pain et un logement. Ce n'est pas un hasard si les travailleurs organisés du grand centre industriel textile de Mahalla-l-Koubra ont joué un rôle de premier plan dans le mouvement révolutionnaire.

Dans un tout autre domaine, si l'on veut que l'Égypte progresse vers la tolérance religieuse puis, à terme, la laïcité, il convient de réformer d'urgence l'enseignement scolaire, où une place exorbitante est faite à l'enseignement de l'Islam qui ne tient aucun compte de l'évolution de la société ni même des exégèses les plus modérément réformistes.

Compte tenu de la large implantation de l'Organisation des Frères musulmans et de sa puissance, les partis non-religieux encore insuffisamment organisés, auront fort à faire.

 

Nota: Dans le titre, j'utilise le mot "Intifada", qui signifie "sursaut" ou soulèvement et qui me semble mieux rendre compte de l'événement

Par Yaqzan - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 19:36



Ils veulent fonder un parti politique

Deux des principaux responsables de l'assassinat du président Anouar el-Sadate en 1981, ont annoncé leur intention de créer un parti politique "lorsque l'Egypte se sera débarrassée du crime et des malfaisants" .

 les cousins Abboud et Tarek el-Zomor, anciens responsables de l'organisation terroriste "Djihad Islamique", ont été libérés vendredi dernier du bagne de Tora. Ils avaient purgé leur peine mais l'ancien ministre de l'intérieur, Habib el-Adli avait refusé en 2003 qu'ils fussent remis en liberté. Ils seront placés toutefois sous surveillance pendant cinq ans.

Abboud az-Zomor

Photo Akhbar el-Yom

Abboud el-Zomor a affirmé que les dissensions constatées actuellement dans la société égyptienne sont l'oeuvre d'un complot fomenté par le parti national (PND du régime déchu) "qui veut remettre les pendules à l'heure du passé" et , sans transition, il a appelé "le côté copte" à "respecter les bons intérêts de la terre d'Egypte".

L'expression "côté copte" donne à réfléchir sinon à s'inquiéter. Les Coptes seraient-ils des Égyptiens "à part" et leur demander de respecter les intérêts du pays ne dissimulerait-il  pas une forme de soupçon à leur égard ?

Voilà qui augure mal de l'avenir de la cohésion sociale dans "l'Égypte de l'après Moubarak" en quête de démocratie. N'oublions pas que les organisations islamistes radicales telles le "djihad Islamique", réclamaient dans les années 1980 le retour de Coptes à leur statut de "dhimmis" et, à ce titre, qu'ils soient   à nouveau soumis aux mesures discriminatoires remontant aux tout premiers siècles de l'Islam,
telles que l'impôt  de la "djizya" (capitation) et l'interdiction de servir dans l'armée.

Il reste à espérer que m. Zomor se soit assagi et comprenne que s'il veut la démocratie, il doit admettre que la citoyenneté transcende les différences religieuses.

(Source: l'Hebdomadaire égyptien Akhbar el-yom)

Par Yaqzan - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 15:34



(La multitude des commentaires et  manifestations d'enthousiasme provoquées par les événements de Tunis puis du Caire m'incitent à revenir d'une manière aussi exhaustive que possible sur mes écrits précédents concernant ce sujet)..


Métamorphose



 

L'onde de choc de la révolution tunisienne a fait les égyptiens envahir les rues du Caire et d'autres villes non plus seulement pour réclamer une vie meilleure mais aussi pour exiger le départ du président Moubarak jugé responsable de leurs frustrations.

 Le tour politique ainsi donné à ces émeutes est un phénomène nouveau de toute évidence inspiré par l'exemple de l'expulsion du président tunisien zin-el-Abidine ben Ali et aussi sans doute, chez les jeunes, l'ouverture sur le monde offerte par le web. En 2008, il y eut au Caire, à Alexandrie et ailleurs la "révolte du pain", provoquée par l'augmentation des prix, la baisse des subvention des produits de première nécessités et les méfaits des spéculateurs, mais la légitimité du président Moubarak ne fut pas contestée pour autant.

 Par le passé, également, les Égyptiens se servaient de leur humour légendaire comme exutoire à leur frustrations et pour dénoncer notamment dans des dessins humoristiques de presse,  la corruption des fonctionnaires et parlementaires, le clientélisme du parti officiel, la fraude électorale, l'affairisme, la  spéculation. Le président lui-même était l'objet de blagues jamais hostiles comme celle le comparant à la "Vache qui rit" du fameux fromage, en raison d'une certaine ressemblance. Il est évident que le caractère politique des événements actuels a été inspiré par l'exemple tunisien et il est probable que le mot d'ordre ait été amplifié par les activistes de la mouvance des Frères Musulmans, suffisamment habiles pour se faire discrets.

 


Triomphe discret des Frères musulmans et complaisance occidentale

 

Muslim brotherhood 1

 

 

D'aucuns ici en Occident minimisent l'importance du danger représenté par l'association des Frères musulmans (interdite depuis 50 ans mais tolérée) dans laquelle, à côté d'un courant ultra-conservateur cohabiterait un mouvement moderniste se déclarant prêt à jouer le jeu démocratique à la manière de l'AKP turque. Ces optimistes évoquent un peu hâtivement sinon naïvement une société démocratique qui ne serait islamisée que dans ses rapports sociaux, où le voile, le niqab ou la barbe et le jelbab serait le modèle courant. Je ne pense pas que la Tunisie, laïcisée par Bourguiba et aujourd'hui bien plus moderne qu'aucun autre pays arabo-musulman s'accommode d'un tel modèle. Demandez leur avis aux femmes tunisiennes émancipées depuis fort longtemps.
Simple rappel. En 2005, Le gouvernement égyptien avec l'engagement personnel de Mme Suzanne Moubarak lança une campagne contre l'excision des fillettes. Le islamistes, dont les Frères Musulmans, s'y opposèrent. Al-Azhar, frileuse, trouva, si je puis dire, une "réponse de Normand".
Si c'est une démocratie, où la censure religieuse s'exerce à tour de bras, l'on discute de la question de savoir si les joueurs de foot doivent porter un flottant tombant au dessous des genoux pour se conformer aux préceptes religieux comme il m'a été donné de l'entendre. Alors bravo! Nous irons faire du tourisme en Egypte pour son exotisme. En revanche si on veut que ce pays devienne un état laïque, où la religion est séparée de l'état et qui retrouve sa splendeur des années de la Nahda (Renaissance arabe des XIXe, et début du XXe) avec sa foison de débats intellectuels, la chose est tout autre et doit commencer par la réforme de l'enseignement, d'où, aujourd'hui les sciences humaines sont bannies au profit des sciences appliquées et de  la technologie, outils fort utiles aux apprentis jihadistes.
Ce qui se passe aujourd'hui est donc inédit. Les Occidentaux appellent au départ du président pour une transition vers l'établissement d'une démocratie de type occidental comme s'il s'agissait d'un produit prêt à l'emploi. Après  l'enthousiasme exubérant qui s'est emparé du Maghreb et de l'Europe, j'ai bien peur que le réveil soit douloureux . Le moindre mal serait que cela prenne seulement quelque temps.

1981: L'état face la radicalisation de l'activisme l'Islamisme



Mohammed Hosni Moubarak succéda en 1981 à Anouar el-sadate, assassiné par des militaires islamistes pour avoir fait la paix avec Israël. L'état d'urgence fut  régulièrement reconduit jusqu'à ce jour en raison de la menace des groupes islamistes radicaux issus de la mouvance de Frères Musulmans à travers le mouvement de jeunesse notamment, comme les "gamaat al-Islameyya"  et le "Takfir wa-l-Hijra" de Sayyid Qotb. Dès le début de son mandat, le président Moubarak adopta néanmoins une "voie médiane", une "démocratie sous surveillance" laissant libre cours à une presse pluraliste et à l'existence de partis d'opposition, libéraux ou nassériens. L'existence de l'association des Frères Musulmans, interdite officiellement fut tolérée et certains de ses membres intégrèrent  le parti Wafd pour se faire élire au parlement.
Dans le même temps, le régime de Moubarak, utilisant l'autorité de l'université islamique El-Azhar, phare universel de l'ortodoxie sunnite, crut bon d'utiliser l'Islam contre l'islamisme. Ce fut un pari hasardeux, Le discours islamique omniprésent à la télévision et à hautes doses dans les programmes scolaires, étouffa toute expression laïque et offrit aux  Frères Musulmans de surenchérir sur ce thème. Ces derniers imprégnèrent la société civile et surtout les classes populaires de leur enseignement rétrograde.



Le retour des assassins



Sur ce terreau, les groupes islamistes terroristes se sont développés. En 1990, le président du parlement fut assassiné au Caire, l'écrivain laïque militant Farag Foda subit le même sort. Le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz survécut à une tentative d'égorgement dans une rue du centre du Caire. En 1997, plus de cinquante touristes étaient assassinés à Louxor. Le président Moubarak lui-même fut la cible de deux attentats. Avant de parler de dictateur ou de despote à son propos  il faudrait sans doute prendre tous ces faits en compte. Moubarak n'est pas Ben Ali et Suzanne Moubarak n'est pas Leïla Trabelsi.
 Construire une démocratie telle que nous la concevons, suppose des élections libres auxquelles participeraiejt tous les partis y compris ceux de l'opposition au régime de Moubarak. Or, où est l'opposition?
 
L'Islam Religion et état ?



L"opposition laïque est inexistante, dépourvue de base populaire. Et force est de constater que l'association des Frères musulmans constitue la seule opposition crédible en raison de sa forte implantation populaire et de son réseau d'entraide sociale extrèmement actif. Faudra-t-il donc admettre l'établissement d'un régime démocratique avec le concours d'une association dont les slogans bien connus sont "l'Islam est la solution" et "l'Islam est à la fois religion et état". Autrement dit admettre un partenaire dont l'objectif à terme est de substituer la Loi coranique (Sharia) au droit positif. Ceux qui aujourd'hui s'enthousiasment devant l'idée d'une "genèse  démocratique arabe" née un jour de janvier à Tunis devraient comprendre que leurs valeurs qu'ils croient légitimement universelles n'ont pas cours sous tous les cieux. Tout changerait si la constitution égyptienne était réformée dans le sens d'une séparation de l'état et de la religion et d'où serait abolie la mention de la Sharia "source principale de la Loi". C'est sans doute se bercer d'illusion mais c'est pour moi la condition sine qua non du rétablissement de la démocratie.
 
Les données géostratégiques



Mais un élément et non le moindre vient compliquer encore la situation en Egypte. Sous la présidence de Hosni Moubarak, cet état, qui a été le premier du monde arabe à reconnaître Israël a été un élément géostratégique de première importance dans la recherche dune solution  au conflit israélo-palestinien. Le président égyptien s'est activement et personnellement impliqué dans ce processus s'attirant l'hostilité de ceux de ses compatriotes solidaires militants du peuple palestinien et surtout des activistes islamistes et notamment des Frères musulmans alliés du mouvement Hamas. Si le gpuvernement israélien ne s'était pas délibérément cloîtré dans son intransigeance les compatriotes du président Moubarak lui auraient sans doute su gré de son action.

Aujourd'hui désavoué par la rue, Hosni Moubarak est abandonné par Washington, qui lui cherche un successeur susceptible de bénéficier d'un consensus national dans lequel il faudra compter nécessairement avec l'armée, pilier central de l'état égyptien. Une armée qui ne renoncera certainement pas  à ses privilèges. Véritable état dans l'état, l'armée égyptienne est propriétaire de biens fonciers considérables, complexe agricole et industriel doté de ses propres coopératives, elle produit même pour l'exportation. Ses exploitations agricoles sont implantées sur des terres gagnées sur le désert selon des méthodes inspirées du modèle israélien. J'ai eu le privilège de visiter un jour ces "soldats laboureurs" entre le Caire et Alexandrie.
 
Et Les Coptes?
 
Enfin, quelle sera la place des Coptes dans la démocratie à construire? Auront-ils voix au chapître; seront-ils libérés de leur situation de citoyens de seconde zone, abolira-t-on le fameux "Khatti-humayoun", décret qui rend pratiquement impossible la construction ou la restauration de leurs églises et autres édifices religieux? motif fréquents d'affrontements violents entre musulmens et Chrétiens. On a beaucoup parlé d'eux lors du massacre dont cinquante d'entre eux ont été vicitimes récemment à Alexandrie. Il serait temps de raviver les mémoires et de cesser de laisser des imams déments dresser la population musulmane contre ses  concitoyens chrétiens , égyptiens parmi les Égyptiens. La démocratie n'admet pas la discrimination.

 

CYBER-RESISTANCE

 

L'avenir, j'en suis sur, appartient aux jeunes générations dont l'ouverture au monde grâce à Internet les appelles à l'intimité d'autres modes de pensées, d'échanges fructueux contre lesquels les apprentis autocrates n'auront plus prise.


 

Par Yaqzan - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 01:40


Le triomphe de l'association des frères Musulmans *

L'onde de choc de la révolution tunisienne a fait les égyptiens envahir les rues du Caire et d'autres villes non plus seulement pour réclamer une vie meilleure mais aussi pour exiger le départ du président Moubarak jugé responsable de leurs frustrations.

Le tour politique ainsi donné à ces émeutes est un phénomène nouveau de toute évidence inspiré par l'exemple de l'expulsion du président tunisien zin-el-Abidine ben Ali. En 2008, il y eut au Caire, à Alexandrie et ailleurs la "révolte du pain", provoquée par l'augmentation des prix, la baisse des subvention des produits de première nécessités et les méfaits des spéculateurs, mais la légitimité du président Moubarak ne fut pas contestée pour autant.

Par le passé, également, les Égyptiens se servaient de leur humour légendaire comme exutoire à leur frustrations et pour dénoncer la corruption des fonctionnaires et parlementaires, le clientélisme du parti officiel, la fraude électorale, l'affairisme, la  spéculation. Le président lui-même était l'objet de blagues jamais hostiles comme celle le comparant à la "Vache qui rit" du fameux fromage, en raison d'une certaine ressemblance. Il est évident que le caractère politique des événements actuels a été inspiré par l'exemple tunisien et il est certain que le mot d'ordre a été amplifié et généralisé par les activistes de la mouvance des Frères Musulmans, suffisamment habiles pour se faire discrets.

 

Muslim brotherhood 1


Ce qui se passe aujurd'hui est donc inédit. Les Occidentaux appellent au départ du président pour une transition vers l'établissement d'une démocratie de type occidental comme s'il s'agissait d'un produit exportable.


radicalisation de l'activisme l'Islamisme


Mohammed Hosni Moubarak succéda en 1981 à Anouar el-sadate, assassiné par des militaires islamistes pour avoir fait la paix avec Israël. L'état d'urgence fut instauré et régulièrement reconduit jusqu'à ce jour en raison de la menace des groupes islamistes radicaux issus de la mouvance de Frères Musulmans, comme le "takfir wa-l-Hijra" de Sayyid Qotb. Dès le début de son mandat, le président Moubarak adopta néanmoins une "voie médiane", une "démocratie sous surveillance" laissant libre cours à une presse pluraliste et à l'existence de partis d'opposition, libéraux ou nassériens. L'existence de l'association des Frères Musulmans, interdite officiellement fut tolérée et certains de ses membres intégrèrent  le parti Wafd pour se faire élire au parlement.


La parole laïque étouffée au profit du discours islamique souverain


Le régime de Moubarak, utilisant l'autorité de l'université islamique El-Azhar, phare universel de l'ortodoxie sunnite, crut bon d'utiliser l'Islam contre l'islamisme. Ce fut une fiuneste erreur, Le discours islamique omniprésent à la télévision et à hautes doses dans les programmes scolaires, étouffa toute expression laïque et ouvrit une voie royale à l'association des Frères Musulmans.

Ces derniers imprégnèrent la société civile et surtout les classes populaires de leur enseignement rétrograde.


Le retour des assassins


Sur ce terreau, les groupes islamistes terroristes se sont développés. En 1990, le président du parlement fut assassiné au Caire, l'écrivain laïque militant Farag Foda subit le même sort. Le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz survécut à une tentative d'éorgement dans une rue du centre du Caire. En 1997, plus de cinquante touristes étaient assassinés à Louxor.Le président Moubarak lui-même fut la cible de deux attentats. Avant de parler de dictateur ou de despote à son propos comme certains commentateurs s'y laissent aller, il faudrait sans doute prendre tous ces faits en compte. Moubarak n'est pas Ben Ali et Suzanne Moubarak n'est pas Leïla Trabelsi.

Construire une démocratie telle que nous la concevons, suppose des élections libres auxquelles participeraiejt tous les partis y compris ceux de l'opposition au régime de Moubarak. Or, où est l'opposition?

 

L'Islam Religion et état


L"opposition laïque est inexistante, dépourvue de base populaire. Et force est de constater que l'association des Frères musulmans constitue la seule opposition crédible en raison de sa forte implantation populaire et de son réseau d'entraide sociale extrèmement actif. Faudra-t-il donc admettre l'établissement d'un régime démocratique avec le concours d'une association dont les slogans bien connus sont "l'Islam est la solution" et "l'Islam est à la fois religion et état". Autrement dit admettre un partenaire dont l'objectif à terme est de substituer la Loi coranique (Sharia) au droit positif. Ceux qui aujourd'hui s'enthousiasment devant l'idée d'une "genèse  démocratique arabe" née un jour de janvier à Tunis devraient comprendre que leurs valeurs qu'ils croient légitimement universelles n'ont pas cours sous tous les cieux.

 

Les données géostratégiques


Mais un élément et non le moindre vient compliquer encore la situation en Egypte. Sous la présidence de Hosni Moubarak, cet état, qui a été le premier du monde arabe à reconnaître Israël a été un élément géostratégique de première importance dans la recherche dune solution  au conflit israélo-palestinien. Le président égyptien s'est activement et personnellement impliqué dans ce processus s'attirant l'hostilité de ceux de ses compatriotes solidaires du peuple palestinien et surtout des activistes islamistes et notamment des Frères musulmans alliés du mouvement Hamas. Si le gpuvernement israélien ne s'était pas délibérément cloîtré dans son intransigeance les compatriotes du président Moubarak lui auraient sans doute su gré de son action.

Aujourd'hui désavoué par la rue, Hosni Moubarak est abandonné par Washington, qui lui cherche un successeur susceptible de bénéficier d'un consensus national dans lequel il faudra compter nécessairement avec l'armée, pilier central de l'état égyptien. Une armée qui ne renoncera certainement pas  à ses privilèges. Véritable état dans l'état, l'armée égyptienne est propriétaire de biens fonciers considérables, complexe agricole et industriel doté de ses propres coopératives, elle produit même pour l'exportation. Ses exploitations agricoles sont implantées sur des terres gagnées sur le désert selon des méthodes inspirées du modèle israélien. J'ai eu le privilège de visiter un jour ces "soldats laboureurs" entre le Caire et Alexandrie.

 

Les Coptes?

 

Enfin, quelle sera la place des Coptes dans la démocratie à construire? Auront-ils voix au chapître; seront-ils libérés de leur situation de citoyens de seconde zone, abolira-t-on le fameux "Khatti-humayoun", décret qui rend pratiquement impossible la construction ou la restauration de leurs églises et autres édifices religieux? On a beaucoup parlé d'eux lors du massacre dont cinquante d'entre eux ont été vicitimes récemment à Alexandrie. Il serait temps de raviver les mémoires et de cesser de laisser des imams déments dresser la population musulmane contre ses  concitoyens chrétiens , égyptiens parmi les Égyptiens. La démocratie n'admet pas la discrimination. 


* Les Frères Musulmans ne sont pas une confrérie mais une association politico-religieuse. Le mot "confréries" désigne les différents courants mystiques (soufis). Le nom officiel des Frères est en Arabe "Jamaat al-Ikhwan al-Muslimin" (Association des Frères Musulmans).



Par Yaqzan - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 03:46
Sous Charles X et Louis-Philippe

Pour illustrer la fierté et l'amour de la liberté que les Arabes, estime-til, partagent avec les Français,  le cheikh Rfa`at at-Tahtaoui nous livre un très long récit d'une joute oratoire dans laquelle le roi arabe Nu`man ibn el-Mundhir (1) affronta le roi de Perse Khosroès à propos des mérites respectifs des grandes civilisations de l'époque et en conclure à  la supériorité des Arabes. Nous avons jugé inutile de traduire le texte de cette longue digression
.

Revenant à notre propos,  at-Tahtaoui écrit:

"Nous ne saurions clore la relation de notre mission sans exprimer notre gratitude à celui qui a eu la bonté et le mérite d'aider notre souverain dans son entreprise en organisant l'accueil et l'enseignement de nos étudiants à Paris. Je veux parler de Monsieur Jomard, ami de l'Égypte et de son peuple. Artisan assidu et généreux de la réalisation des projets de notre gracieux maître, il s'empresse dans son service sans rien refuser comme s'il était l'un des fils fidèles de l'Égypte. Il mériterait à ce titre d'être admis dans le proche entourage de la personne du vice-roi.


"Il suffit pour s'en convaincre de se référer au calendrier (2)  qu'il a rédigé en l'an 244 de l'Hégire (3) à l'usage de  l'Égypte et de la  Syrie et qu'il se dit prêt à mettre à jour chaque année en vue d'aider  à la bonne gestion des affaires de l'Égypte s'il en est ainsi décidé par iradé ou ordonnance Khédiviale (4).


"Ce texte concerne:


"Premièrement  la voie du développement de la totalité des métiers et industries nécessaires à  l'Égypte.


"Deuxièmement le commerce des Européens avec l'Asie, l'Afrique du nord, les nations bérbères, le Darfour, Sennar, ou le Hedjaz , la comparaison des poids et mesures en usage dans les différents pays.


"Troisièmement l'agriculture, qui fit la richesse des Égyptiens dans les temps anciens et à laquelle l'État doit accorder toute sa préoccupation en Égypte, qui dispose de bonnes terres. La pratique agricole a de multiples branches importantes,  comme la technique du drainage des terres incultes pour la mise en valeurs de nouvelles terres arables et de pâturages. Il faut parachever le développement de la culture du coton, de l'indigo, de la vigne, de l'olivier et du mûrier, développer l'extraction de la poudre d'indigo et de nombreuses espèces d'huiles, l'apiculture, l'élevage du ver à soie et l'utilisation des vers produisant de la teinture, l'entretien des animaux domestiques,  l'amélioration des races animales indigènes telles que les équidés, les caprins et les animaux à laine, l'importation de races animales étrangères, la médecine vétérinaire et sa pratique comme le traitement des maladies graves du bétail, la protection du grain contre les vers, la plantation d'arbres et leur alignement au bord des routes, le jardinage et la construction d'abris champêtres à usage agricole, le creusement de canaux et de bassins destinés à l'irrigation des terres et à la navigation, l'ouverture de routes et la construction, en plaine comme en montagne, de passerelles et de ponts propres à servir d'aqueducs.(5)


11282230-copie-1

Barrage du Delta au Caire dit de Méhémet-Ali


"quatrièmement les divers sujets concernant la nature comme l'étude des trois espèces animale, végétale et minérale, les mathématiques, les phénomènes magnétiques utilisés par les médecins pour le traitement de la paralysie, l'électricité, la géothermie, les phénomènes météorologiques, la rosée et la pluie dans les régions situées entre les deux tropiques, les pierres de foudre (fulgurites), les montagnes de feu appelées volcans, les instruments destinés à la mesure du temps, de la chaleur, de l'humidité, la protection contre la foudre, les lunettes astronomiques, les lunettes grossissantes permettant de voir les choses minuscules invisibles à l'oeil nu, les minerais et leur extraction, la taille des pierres,   l'étude des herbes médicinales et des plantes à usage artisanal ou industriel, les animaux utiles, l'algèbre, la conjonction des planètes et la géométrie.


"Cinquièmement tout ce qui concerne le financement des dépenses et la politique de l'état, la situation des royaumes et des nations et les raisons de leur richesse et de celle de leurs peuples, les conditions de subsistance, les revenus, les naissances masculines et féminines dans chaque localité du pays, la direction des affaires du royaume et les principes fondamentaux des politiques européennes basées sur les vérités rationnelles, la législation et les réalités humaines comme les droits respectifs des nations les unes dans leur rapport aux autres.


"Sixièmement la politique de santé publique et individuelle incluant l'injection de la vaccine contre la variole la lutte contre la peste et le traitement des maladies et des cas accidentels ainsi que divers actes de chirurgie.


"septièmement l'ensemble des instructions concernant l'enseignement de la littérature, de la philosophie et de la rhétorique, les bibliothèques, les écoles existant dans les divers pays, des morceaux choisis de l'histoire des pays et en particulier de l'Égypte et encore les récits et les chefs-d'oeuvre de la littérature et de la rhétorique européennes et orientales, des éléments de la logique ainsi que les moyens de faciliter l'apprentissage le plus rapide de la lecture, de l'écriture et du calcul dans l'ensemble de la population.


"Huitièmement,  questions diverses relatives au commerce, aux navires, aux voitures publiques, à l'amélioration des routes, des canaux d'irrigation, des bassins et des pont suspendus, les signaux dits télégraphiques transportant l'information ainsi que toutes les activités nouvelles en Europe incluant l'usage de planches pour la reproduction de cartes géographiques, de dessins de plantes et d'animaux importés de pays étrangers et élevés en Egypte et encore de nombreuses choses qui se modernisent au cours du temps. Et enfin de petits extraits de miscellanées d'enseignements importants recueillis de la bouche d'autorités scientifiques et facilement compréhensibles par tous, leur épargnant la lecture d'ouvrages ardus.


"Ici s'achève l'exposé du programme de m. Jomard dont la mise en oeuvre dépend d'une iradé ou d'une ordre officiel qui jusqu'à maintenant n'a pas été donné. Cet homme nourrit intimement et ouvertement un  amour passionné pou l'Égypte, désireux de servir notre gracieux souverain par amitié pour lui et pour sa nation. Rien ne peut mieux que cela réjouir Dieu -qu'il soit loué et exalté- dans le récit de notre voyage en cette terre dont seul l'injuste ou l'ignorant peut  contester la science.


"Notre travail relevait d'une volonté assortie de bonnes résolutions et l'autorité n'était exercée que par des personnes pleines de tact et de courtoisie, attentives aux avis les plus hautement qualifiés, alliant autorité et sollicitude. L'objectif était d'inciter les gens de nos pays à s'armer de force et de  bravoure et devenir aptes  à prendre leur destin en main.


"Que Dieu fasse l'Egypte et son peuple jouir de la grandeur et de la justice que notre gracieux maître leur a données et qu'il prolonge pour eux sa vie dans la gloire du Prophète, son guid
e".

Ici s'achève le récit du Cheikh Rifa‘at at-Tahtaoui dans la traduction partielle, adaptée et annotée que nous en avons faite, expurgée de longues pièces de poésie et digressions de peu d'intérêt par rapport à notre propos. Celui-ci était essentiellement de présenter l'image du Paris des premières décennies du XIXe siècle dans le regard singulier d'un Musulman égyptien confronté à une société dominée par le rationalisme et régie par le droit positif. (Il existe une traduction de ce texte publiée par l'Égyptien Anouar Louca sous le titre "L'Or de Paris" (ed. Sinbad 1988). Il s'agit d'un ouvrage à caractère plus scientifique aujourd'hui épuisé. Notre modeste propos était de rendre le récit de Tahtaoui accessible à tous.

Nous consacrerons en conclusion un prochain article au personnage de Rifa‘at at-Tahtaoui et à son action.


1)  Roi de a dynastie arabe des Ghassanides (fin du VIe siècle)
2) Tahtaoui utilise le mot d'origine persane rouznameh qui signifie calendrier mais il s'agit plutôt d'un programme ou catalogue.
3) 1828.
4)  terme désignant un décret du sultan ottoman.
5) Sous Méhémet-Ali, l'Egypte a connu un développement agricole spectaculaire avec l'introduction d'espèces étrangères et surtout l'expansion de la culture du coton et la découverte par le Français Jumel d'une espèce à longues fibres destinée remplacer le coton indigène de médiocre qualité. Le pays a  également entrepris à cette époque avec l'aide de Français, notamment Saint-Simoniens, de très importants travaux  d'infrastructures hydraulique et routière. cf. "Le Dernier Pharaon" chap. 13 et 15 de Gilbert Sinoué , éd. Pygmalion (Paris-1997).
Par Yaqzan - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 20:45
Sous Charles-X et Louis-Philippe


L'heure du bilan

(Note liminaire)


Le cheikh Rifa'at at-Tahtaoui poursuit son récit par un exposé détaillé des diverses sciences et techniques  étudiées par les "stagiaires" égyptiens pendant leur séjour à Paris, telles que la diversité  des langues, la grammaire  française, la rhétorique, l'écriture, la logique, les "Catégories" d'Aristote, la philosophie, l'arithmétique, la géographie, la géologie, l'architecture, l'astronomie,  la médecine, la zoologie, l"histoire des civilisations anciennes, etc. (1)

Nous avons jugé que cette partie de l'ouvrage pouvait être laissée de côté, notre propos étant essentiellement de rapporter le récit de la découverte  de la France du  premier  tiers du 19e siècle par ce visiteur  musulman et la qualité objective de son  regard porté sur la société française de l'époque, encore très fortement imprégnée de l'héritage des "Lumières" , une société aux moeurs libérées pour lui fort étonnantes, mais riche d'une élite intellectuelle animée d'esprit révolutionnaire, libérateur et humaniste, une société régie par le droit positif et en plein essor scientifique et technique en ce début de l'ère industrielle moderne.

Tahtaoui, esprit ouvert et avide de savoir, impute cet essor au rationalisme dominant. En musulman  sincère et éclairé, il propose implicitement à ses coréligionnaires égyptiens la recherche d'un compromis entre la Foi et la Raison comme avaient déjà tenté de le faire, au contact de la culture grecque, les grands philosophes et penseurs  des premiers siècles de l'Islam. Tahtaoui apparaît en quelque sorte comme le précurseur de la renaissance arabe dite "Nahda", qui , au contact de l'Occident, transforma la société intellectuelle égyptienne du XIXe siècle jusqu'au milieu  du XXe. Cette attitude du cheikh Tahtaoui prend un relief particulier de nos jours à la lumière des méfaits du discours intégriste  ou rigoriste, qui, en Egypte précisément , a étouffé le débat intellectuel et rabaissé le vie culturelle au plus bas niveau de l'histoire de ce pays. Dans ce contexte, le discours tenu devant ces étudiants égyptiens par Edmé Jomard, leur directeur d'études, le 4 juillet 1828, à l'occasion de la distribution des prix ,est particulièrement évocatrice. Il y déclarait notamment:" vous êtes appelés à opérer la régénération de votre patrie, événement d'où dépendra le sort de la civilisation d'Orient (...) Puisez au milieu de la France, puisez à pleine source ces lumières de la raison et des lettres, qui élèvent si haut l'Europe au dessus des autres parties du monde (...) L'Egypte dont vous êtes les députés, ne fait, pour ainsi sire, que recouvrer ce qui lui appartient, et la France, en vous instruisant, ne fait qu'acquitter, pour sa part, la dette contractée par toute l'Europe envers les peuples de l'Orient"




Rifa'at at-Tahtaoui  conclut son ouvrage par la relation de  son voyage de retour en Egypte précédée d'un exposé des résultats de la mission d'études envoyée en France par le vice-roi d'Egypte Méhémet  Ali. Il écrit:

"Bien entendu, vous brûlez de connaître les résultats de notre mission pour laquelle notre maître bienfaiteur a engagé des dépenses comme aucun roi d'aucune nation de toute l'histoire ne l'a fait avant lui. Cette réalisation marquante de l'histoire de la nation Khédiviale démontre à quel point  son altesse a su faire preuve de perspicacité dans son appréciation des choses et pu atteindre les objectifs qu'il s'était fixés. A n'en point douter il n'a rien à envier à  César pas plus qu'à  Alexandre le Grand,  Frédéric le Grand (2) ou même Napoléon .

"Ainsi l'envoi de cette mission à Paris s'est soldée par un succès total et fructueux. La plupart de ses membres à leur retour ont gagné l'estime du souverain et se sont attelés sans tarder  à la tâche. C'est ainsi qu'en cette contrée, des enfants, nourris à la mamelle de la connaissance, embrassent aujourd'hui, parvenus à l'âge adulte, l'ensemble du savoir.  Bien mieux encore, certains d'entre eux se sont hissés au   niveau des plus grands maîtres européens, les uns accédant au rang le plus élevé dans la direction des affaires du Royaume et de l'administration civile à l'exemple d'Abdi Efendi, personnalité brillante, inspirée, promise au meilleur destin, homme doté de grandes qualités intellectuelles et d'un solide jugement (3).

"D'autres ont fait preuve de hautes compétences  en matière militaire  ou navale,
d'autres encore dans la médecine, la chimie générale ou médicale, l'agriculture, la botanique. Certains excellent dans les techniques et l'industrie et ouvrent des fabriques de qualité sans rivales..

"Il serait fastidieux de citer tous ceux que la réussite a hissé aux plus hautes fonctions. Cependant je ne peux m'abstenir de mentionner, ne serait-ce que brièvement, quelques personnalités qui se sont particulièrement distinguées , comme son excellence mustapha Mukhtar Bek Efendi, qui a atteint le niveau des meilleurs spécialistes français dans la direction des affaires militaires ainsi qu'un degré élevé de connaissances scientifiques dont il maîtrise et  la lettre et  l'esprit.  Il excelle en matière de gestion et embrasse toutes les connaissances des pays européens. Par la volonté de Dieu il a élargi le champ du savoir en Egypte comme en Syrie (4), a gagné la faveur de notre grand souverain et s'est vu offrir la prospérité. Cependant,  l'acquisition du savoir n'est pas un gage de vertu. (5)

  'un poète a dit: 'Le sabre brille par nature mais ne vaut qu'entre les mains du brave qui le tiens'.

"Pour leur part, Hassan Bek Effendi  et les autres maîtres spécialistes de la marine se distinguent d'entre leurs pairs par leurs mérites et la perfection de leur savoir clairement attestés. De son côté, Estefan Efendi a accumulé savoir et réussite scientifiques et sa renommée elle aussi n'est plus à démontrer. L'intelligence d'Artin Efendi dans son appréhension de toutes les formes de connaissance est indéniable, de même que celle de Khalil Efendi Mahmoud ou Ahmed Efendi Youssef. (6)

Artin stepan

          Artin Bey                Estefan Bey

"Ces maîtres dans leur ensemble ont atteint leurs objectifs et sont revenus  (de France) pour diffuser en terre d'Islam tout ce savoir acquis.

"Il ne reste plus à votre humble serviteur pour conclure cette relation de son voyage en France  qu'à raconter son retour en Egypte. Ce sera la suite à venir de notre récit.
"


1) Rifa‘at el-Tahtaoui se consacra plus particulièrement à la traduction en Arabe d'ouvrages français. Il excella en la matière et à son retour au Caire il fut nommé directeur de l'École de traduction. Il avait été désigné pour accompagner les étudiants en qualité d'Imam, mais il avait obtenu de Méhémet Ali l'autorisation d'étudier. La direction des études avait été confiée au savant français Jomard, ancien membre de l'expédition scientifique qui accompagna Bonaparte en Egypte  (lien-note 6))

2) Il s'agit de Frédéric II de Prusse (1740-1772). Souverain ami des lettres et philosophe admirateur de Voltaire. Il hissa son pays au rang des grandes nations européennes.

3) Arrivé à 29 ans en France, il était natif d'Istanbul. Il étudia plus particulièrement l'Administration civile.

4) Méhémet-Ali, s'affranchissant de la tutelle ottomane, s'était emparé de la Syrie en 1832.

5) Originaire de Roumélie, ce personnage de son nom complet Mustapha mukhtar, étudia en particulier l'administration militaire. Il joua un rôle très important dans le gouvernement de Méhémet-Ali., où il fut notamment ministre de l'instruction et des travaux publics et participa avec quelques français à une refonte totale de l'Education nationale . Tahtaoui semble ne pas le porter dans son coeur. (lien)

6) Tous ces personnages, alors âgés de 20 à 30 ans furent appelés à des fonctions importantes, notamment Estefan et Artin effendi,, deux Arméniens chrétiens qui obtinrent la direction de l'Ecole d'Administration civile. Artin Effendi (1800-1859. Né à Istanbul)  fut promis à un avenir prestigieux. Il succéda à un autre Arménien, le très influent  Boghos  Bey, en qualité de secrétaire particulier, conseiller et interprête du vice-roi. Il devint ministre des Affaires étrangères et se vit confier des missions dilomatiques importantes en Turquie, en France et en Angleterre. Il conserva ces fonctions auprès des  successeurs de Méhémet-Ali.
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 20:34
Sous Charles-X et Louis-Philippe

De la mode parisienne

Rifaat at-Tahtaoui nous parle chiffons

Sobriété masculine

"Les "Francs" -nous le savons- ont pour couvre-chef un chapeau que nous appelons chez-nous "borneyta" (1). Ils se chaussent de souliers noirs et leurs vêtements sont pour la plupart de drap également  noir. Les Français eux-mêmes   (2) s'habillent généralement de cette manière si ce n'est qu'ils ne s'imposent pas tous le port d'un habit bien défini mais le choisissent selon la mode en cours.



"En général l'habit des français n'est pas agrémenté de fioritures mais se distingue par sa très grande propreté et l'usage de vêtements de dessous comme les chemises, les caleçons et les gilets. Les gens aisés changent  de vêtements plusieurs fois par semaines. Ils se prémunissent  ainsi  contre les insectes. Aussi ignorent-ils ce que sont les poux et autres parasites, au contraire des gens qui vivent dans la grande pauvreté. (3)

Séduction féminine

"Le vêtement des femmes françaises est fort joli mais parfois quelque peu indécent surtout lorsqu'elles l'enrichissent de leurs plus beaux atours. Elles ne portent toutefois pas de nombreux bijoux mais seulement des boucles d'oreille, des bracelets d'or par dessus les manches de leur vêtement et un léger collier autour de leur cou, qu'elles ont long et fin. Elles ignorent totalement les anneaux de pieds (4).



"Le vêtement des Françaises est fait de fins tissus de soie, de calicot ou de léger taffetas. Par temps froid, elles portent au cou une longue écharpe de fourrure dont elles laissent pendre les deux pans presque jusqu'aux pieds, à la manière d'un châle. Elles ont aussi coutume de nouer par dessus leur vêtement une légère ceinture qui fait ressortir à la fois la finesse de leur taille et la rondeur de leur fessier.

"Les femmes, d'habitude, fixent à leur ceinture une tige métallique qui s'applique  du ventre jusqu'à la poitrine afin de maintenir leur taille parfaitement droite. Elles utilisent (pour s'embellir) de nombreuses astuces que l'homme ne peut qu'apprécier. ainsi ne laissent-elles pas flotter leur chevelure comme le  font habituellement les femmes arabes . Au lieu de cela, elles ramassent leurs cheveux sur le dessus de la tête et les fixent avec un peigne ou autre chose du même genre.

"Par temps de chaleur  elles dévoilent certaines  parties de leur corps. Elles se découvrent notamment de la tête jusqu'au dessus des seins et exposent la nudité de  leur dos. Au bal, elles dansent les bras nus  et, cela mis à part, on ne compte plus les atteintes à la décence tant elles sont nombreuses chez les gens de ce pays.

"En revanche, il n'est pas question pour les Françaises de dévoiler jamais la moindre partie de leurs jambes. Elles portent toujours des bas, en particulier lorsqu'elles marchent dans les rues. A vrai dire, leurs jambes ne sont guère charnues (5).



"En situation de deuil, les Français portent un signe distinctif pendant un temps déterminé. L'homme le porte au chapeau, la femme à son vêtement. La durée du deuil varie d'un an et six semaines à deux mois selon le degré de parenté avec le défunt ou la défunte.

"Les  ventes  de drap à Paris représentent  environ un million de Francs. Celles de la soie trois millions et celles de la fourrure un million. Ce dernier montant s'explique par le fait que les fourrures sont tout spécialement confectionnées pour les gens de Paris.

fausses barbes et perruques

"Le commerce des cheveux destinés aux personnes atteintes de calvitie ou dont la chevelure est en mauvais état est courant à Paris. De ces cheveux achetés à des particuliers, on confectionne des perruques, de fausses barbes et de fausses moustaches. Cette pratique remonte à l'époque de Louis-XIV, lequel n'enlevait sa perruque que pour dormir. Aujourd'hui, la coutume ne concerne plus que les chauves et autres personnes à la  chevelure déficiente.

"Curieusement, la mode de la perruque a aujourd'hui atteint l'Egypte, où elle  a été adoptée par les femmes du Caire."

(1)

Le mot est jusqu'à présent utilisé au proche-Orient. Il vient de l'Italien Biretta qui a donné le Français barrette (coiffure ecclésiastique ou universitaire).

(2)
Ici Tahtaoui fait clairement la distinction entre "Francs" (Européens) et "fransawiya" (Français).

(3)
Avec le développement de l'adduction d'eau et la multiplication des établissements de bains, le règne de Louis-Philippe se distingue par une forte progression de l'hygiène publique.

(4) Il s'agit des "Khalakhil" en usage en Orient à l'époque et  jusqu'à présent en milieu rural.

(5) On connaît le faible des Orientaux pour les femmes bien en chair.

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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 00:47
Sous Charles-X et Louis Philippe




Rifaat at-Tahtaoui s'intéresse à la gastronomie et aux tentations de Bacchus


Restaurants


 

"il existe à Paris, entre autres lieux agréables, des endroits où manger que l'on appelle "Restaurateurs"; ce  que nous appelons chez nous "lokanga" (1). On y trouve tout ce que l'on peut avoir chez soi et même mieux encore. Quoi que vous demandiez vous le trouvez  là  prêt à votre disposition. Il y a plusieurs  salles fournies de tout le nécessaire ménager et il y a même des chambres à coucher richement meublées.

La table

"Les "restaurateurs" proposent diverses sortes de mets  y compris des fruits et des friandises. Les Français ont coutume de manger dans des assiettes  ou des plats  de faïence mais jamais dans de la vaisselle en cuivre. Devant chaque personne, une cuiller, une fourchette et un couteau d'argent sont disposés sur une nappe. ll y a un plat différent pour chacun des mets et devant chaque personne sont posés un verre et une bouteille  contenant la boisson. Les verres et les bouteilles sont en cristal ou en verre et personne ne se sert des couverts  de son voisin. Devant chaque personne, trois flacons sont également disposés, l'un contenant du sel, le deuxième du poivre et le troisième de la moutarde. Bref..! le service de table est fort joliment disposé.

Le menu

"Le repas commence par une soupe et se termine par de la pâtisserie et des fruits. C'est en général du vin et non de l'eau qui accompagne le repas et les gens, surtout ceux de la bonne société ne boivent le vin que très modérément, sans jamais s'enivrer car ils considèrent que l'ivresse est  un vice  abject. Après le repas, il leur arrive parfois de boire un doigt  de spiritueux.

"Mais malgré la consommation qu'ils en font, les français n'accordent guère de place au vin dans leurs oeuvres poétiques et n'ont pas, au contraire des Arabes, beaucoup de noms pour le désigner (2). Ils en jouissent seulement pour ce qu'il est et leur imaginaire n'y puise  pas d'inspiration dans les domaines de la métaphore ou de l'éloge. Ils ont certes des livres dans lesquels ont parle d'ivrognes mais ce n'est que plaisanterie ordinaire dénuée de toute  valeur littéraire.

 "Beaucoup boivent du thé  après les repas parce que le thé, disent-ils, facilite la digestion. D'autres boivent du café sucré et les gens ont pour la plupart l'habitude d'émietter du pain dans le café au lait qu'ils boivent au petit déjeuner.

"Le pain consommé par les Parisiens  est évalué à trente-cinq millions de Francs. En ce qui concerne les viandes, ils consomment  81.430 boeufs, 13.000 vaches, 470.000 moutons et  100.000 porcs et cochons sauvages. Le beurre et les oeufs sont évalués à dix millions de Francs.

Conserves

"Entre autres choses extraordinaires, les Français ont inventé un procédé empêchant la corruption des denrées périssables. Ils peuvent ainsi conserver le lait intact pendant cinq ans, les viandes fraîches pendant dix ans et on peut aussi, de cette manière consommer des fruits hors saison. Mais malgré toute l'ingéniosité ainsi mise en oeuvre concernant les divers produits alimentaires, on constate que les aliments n'ont guère de goût à Paris et les fruits y sont dépourvus de leur authentique saveur. Seules les pêches sont  savoureuses dans cette ville. (3)

Bistrots et poivrots

"Les tavernes sont innombrables à Paris jusque dans le moindre  quartier. Elles ne sont fréquentées que par des vauriens et des débauchés avec leurs femmes. Ils crient à tue-tête et en sortant ils n'ont que ces mots: A boire! A boire..!  Toutefois, dans leur ivresse, ils ne provoquent pas vraiment de dommages.

Comment se débarrasser d'un ivrogne importun

" Un jour, alors que je marchais dans la rue, un ivrogne m'a interpellé en criant:  Oh toi, le Turc!  tout en m'agrippant par mon vêtement. Je me trouvais près d'une boutique de confiserie. J'y suis entré avec l'ivrogne. Je l'ai assis sur une chaise et j'ai dit au patron de l'établissement sur le ton de la plaisanterie: Pouvez-vous me donner quelque sucrerie ou friandise pour le prix de cet individu? Il m'a répondu: Ici nous ne faisons pas, comme chez vous, commerce d'êtres humains. Je lui ai rétorqué que l'état dans lequel se trouvait l'ivrogne n'avait aucun caractère humain. L'homme est resté assis, totalement absent. Je l'ai laissé et m'en suis allé."

(1)
 "Lokanga" est un mot emprunté au Turc par les arabes du Proche-Orient. Il signifie restaurant en Turc mais généralement hôtel dans les pays arabes. Ce doit être le cas ici selon la description de l'auteur puisqu'il parle de chambres à coucher. Tahtaoui transcrit littéralement le mot français sous la forme "ristouratour"
(2)
L'auteur fait allusion à la riche poésie bacchique arabe des débuts de l'empire islamique.
(3)
Nicolas Appert a fondé en 1802 la première fabrique de conserves industrielles. Le récipient était de verre mais a été remplacé par des boites en fer en 1815. Ces conserves étaient à leur début  particulièrement destinées aux armées en campagne.









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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 20:05
Sous Charles-X et Louis-Philippe


L'Imam Rifaat at-Tahtaoui s'intéresse ici à l'assiette des parisiens


Une certaine abondance

"Sachez que le froment constitue l'essentiel de l'alimentation des Parisiens. C'est un blé au grain très fin sauf lorsqu'il est d'importation. Il est réduit en farine dans des moulins à vent ou à eau et ensuite panifié par des boulangers, qui le vendent aux gens selon la quantité  choisie selon leurs besoins. C'est pour eux un moyen d'éviter le gaspillage et d'épargner leur temps. Car chacun ici à un travail particulier et faire le pain à la maison leur prendrait du temps.

"Les autorités compétentes (1) imposent aux boulangers l'obligation d'assurer l'approvisionnement nécessaire de la ville. En vérité, il n'y a jamais pénurie de pain à Paris ni même pénurie des autres produits alimentaires. Les Parisiens ont à leur dispositions des viandes, des légumes, des crudités, des produits laitiers, des oeufs et d'autres choses encore. La diversité des aliments est le lot commun, même chez les pauvres. (2)

"Les abattoirs sont installés en périphérie de la ville et non à l'intérieur. Cela tient à la nécessité de protéger la population des miasmes et d'éviter les dégâts que les bestiaux pourraient provoquer s'ils venaient à s'échapper.


                        Abattoirs de la Villette

" Le mode d'abattage diffère selon les animaux. Celui des  agneaux est le plus facile. Le couteau est introduit derrière la gorge, c'est-à-dire entre la gorge et le collier (contrairement à notre façon de procéder). La même méthode est pratiquée concernant les veaux. Quant aux boeufs, ils sont frappés à plusieurs reprises  au front à l'aide d'une masse de fer jusqu'à ce qu'ils  cessent de respirer et de remuer.  Puis ils sont égorgés de la même façon que les agneaux.

Le martyre des boeufs

"J'ai envoyé comme à mon habitude un domestique égyptien à l'abattoir pour qu'il achète et égorge un animal (3). Lorsqu'il a constaté la manière horrible dont il est procédé pour les bovins, il a invoqué Dieu et lui a rendu grâce pour ne pas l'avoir fait  boeuf  en terre Franque (4), où il aurait dû goûter un tel supplice. Il s'agit ici de boeufs car il n'y a pas de buffles en France, si ce n'est ceux qui sont exposés à la curiosité des gens (5).


                       Boeufs conduits à l'abattoir

"Les volailles sont également abattues de manières diverses. Il y en a qui sont égorgées comme on le fait des ovins, d'autres dont on coupe la langue, d'autres encore que l'on étrangle avec une cordelette ou égorge par la nuque. Quant aux lapins, ils ne sont jamais égorgés mais étranglés de façon à ne pas les vider de leur sang.

"Je ne saurais  rien dire concernant l'abattage des porcs car je n'ai jamais vu l'abattoir qui leur est réservé. (6)

1)
Tahtaoui écrit "muhtasib" محتسب, inspecteur chargé, dans les sociétés musulmanes            
passées, de veiller au respect des bonnes moeurs et de réprimer les fraudes, notamment sur les marchés. Ici il doit s'agir de l'administration chargée du contrôle de l'application du code du commerce
2)
 Dans cette première moitié du XIXème siècle, la France connaissait une réelle abondance alimentaire, mais accompagnée en revanche d'une mauvaise qualité nutritive des aliments, en matière de vitamines notamment.
3)
L'imam tenait évidement à consommer de la viande "halal".
4)
Terme déjà utilisé dans cette série et qui nous ramène au temps des croisades. Le mot Franc désignant les Européens en général. Le terme est encore aujourd'hui utilisé dans certains contextes.
5)
L'auteur évoque sans doute le "Jardin des Plantes" dont il a parlé au début de sa description de Paris
6)
Cela va de soi sachant que le Musulman répugne à approcher le porc, "animal impur".





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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 21:07
Sous Charles-X et Louis-Philippe

Rifaat at-Tahtaoui poursuit son récit en nous parlant de vacances et d'amour


Vacances et tourisme


                          Partie de campagne

"Nous avons parlé précédemment du climat de Paris et de la nécessité d'installer des cheminées dans les chambres et autres espaces des maisons. Cependant à la saison chaude, les gens aisés vont habiter à la campagne parce que l'air y est plus   sain qu'en ville. D'autres partent en voyage dans d'autres régions de France ou dans les pays voisins pour en respirer l'air, visiter les lieux et découvrir  les coutumes des habitants. Ces voyages se font  surtout pendant la période de l'année qu'il appellent temps des vacances, du repos ou  des loisirs. (1)

"Les femmes elles-mêmes voyagent seules (2) ou accompagnées d'un homme avec lequel elles s'entendent sur la destination et la durée du séjour car les femmes elles aussi sont ardemment désireuses d'apprendre,  de découvrir les secrets des êtres et des choses. Il en est qui font le voyage de France jusqu'en Egypte pour y voir ses merveilles, comme les pyramides et autres monuments. Les femmes sont  en toute chose comme les hommes.

Voyage prétexte

"Il peut arriver que des femmes honnêtes, riches, non mariées,  séduites par un homme, tombent enceintes. Elles  prennent alors prétexte d'un voyage quelconque pour aller accoucher loin de chez elles afin d'éviter le scandale dans leur voisinage. Elles confient  le nouveau-né à une nourrice moyennant rétribution pour qu'il soit élevé hors du pays. Cela  n'est toutefois pas courant.

"Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Parmi les françaises il y a des femmes honorables, mais aussi le contraire. Et généralement, les hommes et les femmes vivent sous  l'emprise  de la passion amoureuse  et ils ne croient pas qu'il n'y ait d'autre alternative à cette passion que le mariage d'amour.

Hygiène

"Enfin, il convient de louer les Françaises pour le soin qu'elles apportent à la propreté de leur maison. Mais cela n'est rien comparé à la propreté des Flamands. Ce peuple dépasse tous les autres dans ce domaine, comme jadis les Egyptiens de l'antiquité, qui, soit dit en passant, n'ont pas été imités  par leurs descendants Coptes (3).

"Paris est une ville propre et l'on y trouve ni  plantes ni  insectes venimeux. Aussi n'entend-on  jamais personne se plaindre d'avoir été piqué par un scorpion. De plus, Les Français veillent de façon  extraordinaire à la propreté de leurs vêtements et de leurs habitations. Celles-ci sont  toutes agrémentées de nombreuses fenêtres disposées avec ingéniosité de façon a laisser pénétrer l'air et la lumière à l'intérieur. Les croisées sont toutes de verre de sorte que la lumière n'est pas cachée lorsqu'elles sont fermées. Chez le riche comme chez le pauvre les fenêtres sont assorties d'un rideau dont le fin tissu est semblable à celui des moustiquaires.

1)
 Il est évident qu'il ne s'agit pas de congés payés. ils seront instaurer un siècle plus tard.

2)
T
ahtaoui donne cette précision car en pays musulman traditionnaliste
la femme ne peut voyager qu'en    compagnie d'un membre de sa famille "mahrem"  
3)
 L'Imam ne manque pas une occasion de taxer ses compatriotes chrétiens de malpropreté.
Ce préjugé a survécu jusqu'à aujourd'hui.


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