Burka .... Grand coup de gueule !
Le bon sens: une denrée de plus en plus rare
Nos hommes politiques et autres débatteurs publics rivalisent d'âneries sur la question de savoir si on doit ou non légiférer pour interdire le port de la burqa
(1). Je leur pose une simple question: Imaginez un instant que vous sortiez dans la rue cagoulé comme un membre de la brigade anti-banditisme. Que vous arriverait-il?
La question est de savoir s'il est permis ou interdit de sortir le visage dissimulé dans l'espace public. Si c'est permis alors
dîtes-moi où est le problème! Si c'est interdit alors il suffit de le rappeler, sinon de le décréter. Parler de la burqa et seulement de la burqa sans invoquer l'argument sécuritaire c'est
restreindre le débat au plan religieux. ou culturel alors qu'il s'agit d'une affaire de police (2). Dans ce cas, s'agissant d'un phénomène
très fortement minoritaire et probablement promis à le rester, on pourrait toutefois imaginer de le tolérer à la condition expresse que la femme ainsi vêtue soit accompagnée d'un proche parent
de sexe masculin (wali) se portant garant de son identité et tenu à ce titre pour responsable devant l'autorité policière (3). On pourra objecter que ce serait en quelque sorte accorder
un statut légal à ce vêtement. L'objection est recevable et je conviens qu'une interdiction pure et simple serait une
solution plus simple mais aux conséquences imprévisibles. L'idéal serait une condamnation clairement et publiquement prononcée du port de la burqa par une majorité qualifiée des
représentants de l'Islam de France au motif qu'elle constitue dans notre pays une "innovation condamnable" (bid‘a) dépourvue de tout fondement au regard du Coran et de la tradition
(Sunna). Conjointement, la solution du contrôle identitaire que je propose pourrait fort bien s'appliquer.
A ce propos, j'ai croisé récemment dans le métro une personne de petite taille, vêtue de ce fameux vêtement, courant prestement
en se faufilant dans la foule. Il ne pouvait s'agir d'une femme adepte authentique de l'Islam radical car dans ce cas la personne doit être accompagnée d'un parent, ne pas faire entendre sa
voix et marcher modestement, ce qui exclut qu'elle puisse courir. Vous voulez connaître mon sentiment. Il devait à coup sûr s'agir d'un jeune et astucieux pickpocket. Le stratagème est connu et
fréquemment utilisé dans les pays musulmans et aussi ailleurs. J'affirme que cette rencontre dans le métro est authentique.
Objection légitime à ignorer à moins de baisser les bras
On me rétorquera à coup sûr que l'interdiction de circuler le visage dissimulé dans l'espace public et sans garantie d'identification sera perçue comme une façon détournée et hypocrite de
mettre en accusation le port de la burqa. C'est plus que probable mais à qui la faute? Il ne fallait pas attendre que le débat s'amplifie mais au contraire décréter lorsque la question des
cagoules et autres capuches fut il y a quelques mois évoquée.
On dit que la France, cartésienne, est le pays du bon sens. Je me demande si c'est bien vrai. En tout cas ce fameux bon sens ne brille pas chez nos
politiciens et autres débatteurs publics, qui, pour la plupart, à propos de l'Islam notamment, font sur un ton doctoral étalage de leur ignorance. Cela s'appelle trivialement "ramener
sa science alors qu'on ferait mieux de la boucler".
(1) La désignation exacte de ce vêtement en Arabe est niqab.
(2) La question légitime de la dignité de la femme comme le problème de la progression de l'Islam radical dans notre pays est un autre débat qu'il faut laisser aux seuls musulmans tout en
encourageant et facilitant autant que faire ce peut l'expression publique des Musulmans éclairés.
3) Cette disposition restrictive présenterait le double avantage d'être inattaquable du point de vue islamique et de freiner une éventuelle expansion du port de ce vêtement.
Publié le 29/12/2009 à 20h23 dans actualité